DOSSIERS \ JANVIER 1999


L'or et les joyaux du Saint-Sacrement

Sous le règne de Louis XIV, la Compagnie du Saint-Sacrement eut une influence considérable sur les affaires du pays. Dans son oeuvre, l'écrivain Maurice Leblanc fait état, à mi-mot, du rôle occulte qu'elle joua dans l'Histoire de France.

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Coqueluche des salons, journaliste en vogue, romancier talentueux, Maurice Leblanc à l’instar de son ami Gustave Leroux (père du fameux Rouletabille), se passionna pour la chasse aux trésors. Il consigna dans ses romans les plus élaborés, l’essentiel de ses travaux en la matière. Mais il prit soin de voler les conclusions auxquelles il était parvenu, les réservant, semble-t-il, au lecteur capable de faire l’effort nécessaire pour les débusquer au détour d’une phrase faussement ordinaire ou d’un paragraphe sibyllin.

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La Comtesse de Cagliostro, dans cette optique se révèle aussi limpide que le fleuve Alphée de alphainen : (inventer) à condition que le chercheur se souvienne que si les Trois Parques ont eu la part belle dans la création du premier alphabet, le rôle du dieu Hermès ne saurait être ignoré.

La religion, la société et le trône

C'est en 1924, chez l'éditeur parisien Pierre Laffite, que paraît La comtesse de Cagliostro, roman ayant fait l'objet d'une prépublication en quarante-deux feuilletons quotidiens dans Le Journal. L'héroïne du roman est une aventurière qui prétend être la descendante de Giuseppe Balsamo, dit Cagliostro, le si déroutant mage du XVIIIe siècle. Devenue l’ennemie jurée d’une douzaine de conspirateurs royalistes, Joséphine Balsamo échappe à la mort par noyade grâce à l'intervention du jeune Raoul d'Andrésy, futur Arsène Lupin. C’est que Joséphine Balsamo représente un danger intolérable pour les douze conspirateurs : elle semble être capable de découvrir avant eux le formidable trésor qu'ils convoitent. Un trésor de dix mille pierres précieuses glissées dans une borne de granit ! Le tout pouvant être évalué, en 1894, à un milliard de francs ...

Car nos conspirateurs, soutenus par les Jésuites et les cercles royalistes français, à force de fouiller les archives secrètes et les vieux cartulaires, ont fini par s'apercevoir (au vu des correspondances échangées jadis entre tous les monastères de France) qu'il y avait, pour reprendre les propres termes de la comtesse de Cagliostro, " une circulation d'arpent qui était comme une dîme payée bénévolement par toutes les institutions religieuses, et recueillie par les seuls monastères du pays de Caux. Cela semblait constituer un trésor commun, une réserve inépuisable en vue d'assauts possibles à soutenir ou de croisades à entreprendre. Un conseil de trésorerie, composé de sept membres, gérait ces richesses, mais seul l'un deux en connaissait l’emplacement ".

Deux vues de Saint-Wandrille (76), l'une des abbayes normandes d'où provient notre trésor.

Et Maurice Leblanc de préciser par une note en bas de page : " Il est hors de doute que la fameuse légende du " Milliard des Congrégations " trouve ici son origine ".

Maurice Leblanc semble vouloir indiquer au lecteur de quel côté lui est venu l'inspiration pour commettre ce roman ayant pour cadre, en 1894, le pays de Caux. Fort de cette indication, le chercheur se tournera vers le XIXe siècle pour vérifier le bien-fondé de celle-ci. Il se rendra alors compte qu'en 1826, sous la plume de François-Dorminique de Reynaud, comte de Montlosier, est paru un ouvrage intitulé Mémoire à consulter sur un système religieux et politique tendant à renverser la religion, la société et le trône qui avait pour objet de dénoncer une force occulte à vocation politico-religieuse : LA CONGRÉGATION. Pour le comte de Montlosier " Les forces de la Congrégation sont immenses; elles se composent d'abord du parti jésuitique dont le centre est à Rome, à l'École de Sapience. Après le parti jésuitique, un autre appui ardent de la Congrégation est le parti ultra-montain. A côté de celui-ci se tient un troisième parti, (...) le parti prêtre. Il est composé de ceux qui, à tout risque et à tout péril, veulent donner la société au Sacerdoce ".

Après avoir noyauté la préfecture de Police, la direction générale de la Police, les Postes, la chambre des Députés, la Congrégation implanta des réseaux de surveillance dans l'ensemble du Royaume et conféra à l'espionnage " des lettres de noblesse (...). Il n'y a pas jusqu'au placement des domestiques dont on a eu soin de s'emparer. J'ai vu à Paris des femmes de chambre et des laquais qui se disaient approuvés par la Congrégation ... "

Une analyse confirmée par Chateaubriand dans une lettre datée du 3 décembre 1825 (donc antérieure à la publication des Mémoires de Montlosier) : " Je veux la religion comme vous, je hais comme vous la Congrégation et ses associations d'hypocrites qui transforment mes domestiques en espions et qui ne cherchent à l'autel que le pouvoir ".

Reconnaissons que le noyau de conspirateurs mis en scène par Maurice Leblanc dans La comtesse de Cagliostro a incorporé tous les ingrédients stipendiés par le comte de Montlosier : références au trône, à l'autel et aux Jésuites; utilisation de l'espionnage et des réseaux d'influences pour parvenir à ses fins; cloisonnement rigoureux (seul le chef des conspirateurs, un certain Beaumagnan, est en contact direct avec la Compagnie de Jésus et connaît les véritables buts poursuivis par le groupe des douze, ses comparses n'ont droit qu'à une version édulcorée). Maurice Leblanc veut-il laisser entendre par là que les archives secrètes que Beaumagnan et ses amis ont pu consulter avaient été rassemblées par la Congrégation ? Et donc — légitime corollaire — que la Congrégation était dépositaire, sinon du secret de la borne de granit renfermant dix mille pierres précieuses, du moins d'indications concernant ce trésor estimé à un milliard de francs ?

Sans doute. Mais il s'agit-là d'une piste dont le chercheur aura soin de se méfier s'il ne veut pas aboutir à une impasse. Maurice Leblanc connaissait ses classiques. Il n'ignorait pas que toute chasse au trésor digne de ce nom doit offrir son contingent de voies sans issue. Découvrir un dépôt trésoraire c’est, d'une certaine façon, tuer le Minotaure … C’est exhumer la pierre cachée chère aux alchimistes; mais pour s’emparer de celle-ci, ne convient-il pas, avant tout, de savoir faire la distinction entre les indications " envieuses " et les indications " charitables " ?

La petite église d'Etretat (76). Cette célèbre station balnéaire tient la première place dans l'affaire du "trésor des congrégations normandes".

La borne de granit

Passons maintenant au crible de la raison la version offerte à Raoul d’Andrésy par Joséphine Balsamo. Selon cette aventurière, tout a commencé en 1870, durant les mois qui ont précédé la guerre entre la France et la Prusse. Le cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen et sénateur, au cours d'une tournée pastorale dans le pays de Caux, passa une nuit au château de Gueures, alors propriété du vieux chevalier des Aubes, lequel profite de la circonstance pour confier à son visiteur un formidable secret. Alors qu'il avait coutume d'accompagner, enfant, à l'époque de la Terreur, sa tante des Aubes dans une prison voisine pour y distribuer de menus secours aux prisonniers et tenter d'adoucir leurs souffrances, le chevalier des Aubes s'était pris de sympathie pour un homme qui, la veille de monter à l’échafaud, lui révéla qu'il était prêtre et lui fit jurer, sur son salut, d'accomplir la mission dont la providence le chargeait : se rendre, dans un délai de vingt ans, en l'église de Gueures. Là, un dimanche de Pâques, le chevalier des Aubes y verrait un homme vêtu de noir.

Dès qu’il aurait dit son nom à cet homme, celui-ci le conduirait non loin d'un chandelier en cuivre à sept branches qu'on n'allumait qu'aux jours de fête. Le chevalier des Aubes répondrait à ce geste par la communication de la formule d'emplacement. Tels étaient les deux signes de reconnaissance. Après quoi, l'homme en noir serait guidé, en pleine campagne, jusqu'à la borne en granit. Les cavités de celle-ci étant saturées de pierres précieuses, le surplus, depuis des années, était enfermé dans un coffret en bois des îles enterré au pied de la borne.

Le chevalier des Aubes se rendit à l'église de Gueures le dimanche de Pâques 1816 — soit dix ans avant la parution des Mémoires du comte de Montsolier -, mais il ne vit pas l'homme en noir. Il se rendit seul au pied de la borne où il déterra sans peine le coffret mentionné par le prêtre guillotiné. Coffret qu'il remit à l'archevêque de Rouen. Mais la guerre ne permit pas à ce prélat de revoir le chevalier des Aubes. La formule d'emplacement ne lui fut pas révélée. Le coffret et son précieux contenu disparurent lors de l'attaque d'un convoi par la cavalerie allemande en pleine forêt de Rouvray.

L'histoire de la Menorah

Difficile de ne pas relever cette invraisemblance : dès que le chevalier des Aubes lui aurait dit, son nom, l'homme en noir devait, conduire le jeune homme près du chandelier à sept branches et se voir confier la formule d'emplacement ! Un peu léger comme premier contact, non ? Que pouvait évoquer le nom d'un inconnu à un autre inconnu ? En fait, le déroulement de la rencontre nous fait penser à un processus rituélique, à une rencontre fraternelle : avec mot de passe et déplacement dans l'enceinte sacrée (première station : le bénitier; seconde station : l'autel). Et, le respect du délai de vingt ans préconisé par le vieux prêtre promis à l'échafaud (la mort du vieil homme) au jeune garçon des Aubes (l’homme nouveau) avant de se rendre à l'église de Gueures un dimanche de Pâques (fête de la Résurrection), nous fait penser à un processus de résurgence initiatique.

La présence du chandelier à sept branches n'est pas fortuite. C'est même un élément décisif dans le système de localisation proposé par Maurice Leblanc. En effet, il faut être conduit devant ce chancelier avant de rejoindre l'emplacement de la borne de granit ... Et, nous en arrivons à la seconde invraisemblance (mais de taille celle-là!) : le châtelain de Gueures, peu de temps avant sa mort, a glissé dans un livre de théologie un message qui sera récupéré par Beaumagnan lors d'une vente aux enchères : " Le mot de la formule qui désigne l’emplacement est gravé au fond du coffret ... J'ai caché le chandelier de cuivre dans mon jardin ".

Or Raoul d'Andrésy ne découvrira, dans un pilier maçonné du château de Gueures qu'une seule branche du chandelier ! Et personne ne retrouvera les autres branches par la suite. Maurice Leblanc fait l'impasse sur les six autres branches jusqu'à la fin de son roman. Pourquoi '? Pourquoi le chevalier des Aubes aurait-il pris l’initiative de mutiler le chandelier de cuivre après l'avoir enlevé de l'église ? Cette initiative (dont le moins qu’on puisse dire est qu'elle ne s’imposait pas !) interpelle le lecteur attentif. Elle l'invite à s’appesantir sur les tribulations du chandelier : d’abord intact dans un lieu de culte (l’église de Gueures) puis déplace, dissimulé et considéré comme perdu ... Si nous consentons à remplacer l’église de (Gueures par le Temple de Salomon, nous retranscrivons tout simplement l'histoire de la Menorah, le chandelier à sept branches dérobé dans le Temple de Jérusalem par Titus, puis passé aux mains des Wisigoths, avant de disparaître la veille du siège de Carcassonne par Clovis …

Quant à l'unique branche découverte par Raoul d'Andrésy, elle nous renvoie à la première station généralement prêtée au chandelier, après sa sortie de Carcassonne, au milieu du VIe siècle de notre ère : son enfouissement dans la terre du Razés … Telle était du moins l'opinion qui prévalait dans les milieux occultistes parisiens en 1894, aux lendemains de la visite de l'abbé Bérenger Saunière, le curé de Rennes-le-Château qu'on ne présente plus. ces mêmes milieux occultistes que fréquentaient alors Georgette Leblanc, la tragédienne, et son frère Maurice Leblanc, le romancier …

Un être insaisissable

Dans ces conditions, la localisation " officielle " fournie par la Comtesse de Cagliostro, le château et l'église de Gueures, ne serait qu'un artifice de romancier (par ailleurs follement amoureux du pays de Caux) pour lecteur pressé ... La copie normande d'un modèle situé plus au sud. Reconnaissons que Maurice Leblanc nous met sur une piste plus consistante (mais de façon ô combien anodine) dès les premières pages de son livre: " Ils (Raoul d'Andrésy et Clarisse d'Etigues) s'aimaient depuis trois mois, depuis le jour de leur rencontre dans le Midi (c'est nous qui soulignons) où Clarisse passait quelque temps chez une amie de pension (...) Dès le début, Raoul lui sembla un être insaisissable, mystérieux, auquel jamais, elle ne comprenait rien ". Que faisait Raoul d'Andrésy dans le Midi ? Maurice Leblanc ne nous le dit pas. Mais il laisse entendre qu'il y effectuait un séjour ne souffrant pas de questions, même pour ses intimes. La localisation normande de l'intrigue est destinée aux lecteurs pressés. Les autres se tourneront, tôt ou tard, vers la terre d'élection de la Menorah, ils préféreront aux falaises de craie cauchoises les montagnes et les grottes du Razès.

La cassette de Du Ferrier

Beaumagnan et ses amis royalistes se voulaient, semble-t-il, les fils spirituels de la Congrégation : ils utilisaient volontiers les armes forgées, un demi-siècle plus tôt, par celle-ci. Mais la Congrégation n'était-elle pas elle-même la (pâle) copie d'une organisation antérieure ? La Comtesse de Cagliostro a pour cadre l'année 1894. Maurice Leblanc a fait paraître ce roman en 1924. Que s'est-il passé dans l'intervalle ? Un événement décisif. Dom Beauchet-Filleau a produit, en 1900, des documents concernant une société secrète catholique : la Compagnie du Saint-Sacrement de l'Autel, dont le fonctionnement était resté ignoré des historiens. Deux ans plus tard, Raoul Allier enfonçait le clou en lançant l'expression fameuse de " cabale des dévots " et en démontrant le mécanisme tentaculaire de l'entreprise lancée, vers 1625-1627, par un pair de France, Henri de Lévis, duc de Ventadour.

Ayant recruté les personnalités religieuses et laïques les plus notables de son époque, la Compagnie essaima dans plus de cinquante villes du royaume et exerça une influence indéniable en matière politique, économique, sociale, religieuse, philantropique et morale. Jusqu'à sa disparition, en 1666, la Compagnie du Saint-Sacrement fonctionna de manière occulte. Citons, pour s'en convaincre, sa résolution du 3 avril 1658 : " Il a été résolu pour conserver le secret qui est l'âme de la Compagnie qu'il se sera plus écrit (...) par lettres ... "

Puissante, efficace, la Compagnie était également très riche. L'un de ses membres, Du Ferrier, rapporte : " … dans une cassette ouverte par dessus (...) j'ai vu dans une séance aller jusqu'à cinquante mille écus ". Chaque réunion s'achevait par le versement d'offrandes dans un coffret. Un processus auquel n'a pas omis de se référer Maurice Leblanc à travers le coffret en bois des îles de son précieux contenu convoité par Beaumagnan.

A Beaumagnan reviendra le mérite de découvrir l'identité du dernier gardien des richesses de la borne de granit : le frère Nicols, trésorier de l'abbaye de Fécamp, membre du Comité des sept administrateurs délégués qui géraient les " offrandes canalisées à travers toutes les provinces " et " dont un seul connaissait l'emplacement du coffre-fort ".

Méfions-nous de la " fièvre éthique "

Chaque délégué " possédait une bague épiscopale " et le Comité des sept " était représenté par un chandelier à sept branches (…) souvenir de la liturgie hébraïque ".

Cherchons parmi les membres les plus influents de la Compagnie du Saint-Sacrement un évêque prénommé Nicolas susceptible d'avoir officié en plein Razès et d avoir pris pour symbole le chiffre sept

Nous le trouvons en la personne de Nicolas Pavillon (1597-1677), évêque d'Alet. Bras droit de saint Vincent-de-Paul, il fut proposé par ce dernier à Richelieu pour occuper le trône épiscopal d'Alet laissé vacant par la mort de M. Polverel. Deux autres compétiteurs étaient en lice. Mais c'est Nicolas Pavillon qui l'emporta. Un succès qui le laissa … inconsolable ! Ses bibliographies sont unanimes là-dessus : Pavillon ne voulait pas quitter Paris pour Alet. Il était si chagriné par cette nomination qu'il sombra dans la mélancolie, contracta une " fièvre éthique " (sic) et se dessécha à vue d’œil. Il ne voulait plus voir M. Vincent, M. des Cordes et ses amis les plus intimes. Et puis — brusquement — tout changea. D'après la suite des Mémoires pour servir à la vie de Mgr Nicolas Pavillon, évêque d'Alet : " Il entra aussitôt dans une si grande confiance de la protection de Dieu, qu'il était résolu, s'il ne trouvait personne pour l'aider et l'accompagner dans son diocèse, d'y aller seul avec son bréviaire sous son bras (ce sont ses termes) ".

Ce brusque changement d'attitude, les biographes de Nicolas Pavillon le mettent sur le compte (bien pratique) de la prière. Et ils rapportent comment Pavillon déclina l’offre royale de devenir évêque d'Auxerre sous prétexte qu’il ne s'appartenait plus, mais appartenait à l'église d'Alet … Pour Maurice Leblanc, la prière a été moins déterminante (dans le brutal revirement de Pavillon que l'annonce du cumul de ses fonctions pastorales avec celles de trésorier de la Compagnie du Saint-Sacrement. Devenu gardien des richesses occultes de la Compagnie, on comprend mieux pourquoi Pavillon répond au roi qu'il ne s'appartient plus !

L'une des premières initiatives du nouvel évêque d'Alet sera de réunir un synode (en 1640) et de découper son diocèse en sept cantons ! (Razès inclus). La moindre des choses pour un membre éminent du Comité des sept ayant pris le chandelier à sept branches pour symbole …

La compagnie ayant cessé ses activités en 1666, onze ans avant la mort de Nicolas Pavillon, celui-ci mérita amplement le titre de dernier trésorier décerné par Maurice Leblanc au " frère Nicolas " …

Si l'évêque Pavillon adorait parcourir, été comme hiver les rudes montagnes de son diocèse, il ne consentit jamais à quitter celui-ci, ne fût-ce que pour se rendre à Paris comme le faisaient les prélats de son temps. Sa mission lui commandait assurément de bien veiller sur " la borne de granit ". Et de recevoir les nombreux visiteurs qui se pressaient à Alet; attirés par la sainte réputation du maître des lieux … Et parmi eux, si l'on en croit Maurice Leblanc, certains convoyeurs de pierres précieuses !

A la manière de Claude Frollo

Le chercheur désireux de reconstituer les itinéraires diurnes et nocturnes empruntés, quarante années durant, par cet infatigable marcheur que fut Nicolas Pavillon, ferait bien de tenir compte du conseil transmis par Maurice Leblanc pour localiser l'emplacement de la borne de granit. Dans La Comtesse de Cagliostro, on découvre cet emplacement à partir de la formule Alcor gravée à l'intérieur du couvercle du coffret en bois des îles légué par le frère Nicolas. Formule arabe signifiant " épreuve " et désignant une étoile qui fait partie de la constellation de la Grande Ourse. Or sept abbayes dessinent sur le sol normand ladite constellation.

" Dès lors, écrit Leblanc, la vérité s'imposait aussitôt. A l'endroit même où Alcor se trouve sur la figure céleste, la borne doit fatalement se trouver sur la ligne terrestre ". écrit Leblanc, la vérité s'imposait aussitôt. A l'endroit même où Alcor se trouve sur la figure céleste, la borne doit fatalement se trouver sur la ligne terrestre ".

Peut-être conviendrait-il également de ne point négliger le fait que la constellation du Corbeau possède son reflet exact sur la terre du Razès. Saint Julia-de-Bec, Serres et Granès correspondent aux trois étoiles de cette figure…

Une réalité toponymique de nature à inciter le chercheur à copier Claude Frollo, l'inquiétant diacre de Notre-Dame de Paris, dont Victor Hugo nous dit qu'il calculait volontiers " l'angle du regard de ce corbeau (...) qui regarde (...) un point mystérieux où est certainement caché la pierre ... ".

Une messe, dite au XVIIe siècle.

Roger Facon

Avertissement

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