La Comtesse de Cagliostro,
dans cette optique se révèle aussi limpide que le fleuve Alphée de alphainen :
(inventer) à condition que le chercheur se souvienne que si les Trois Parques ont eu la
part belle dans la création du premier alphabet, le rôle du dieu Hermès ne saurait
être ignoré.
La religion, la société et le trône
C'est en 1924, chez l'éditeur parisien Pierre Laffite, que
paraît La comtesse de Cagliostro, roman ayant fait l'objet d'une prépublication
en quarante-deux feuilletons quotidiens dans Le Journal. L'héroïne du roman est
une aventurière qui prétend être la descendante de Giuseppe Balsamo, dit Cagliostro, le
si déroutant mage du XVIIIe siècle. Devenue lennemie jurée dune douzaine de
conspirateurs royalistes, Joséphine Balsamo échappe à la mort par noyade grâce à
l'intervention du jeune Raoul d'Andrésy, futur Arsène Lupin. Cest que Joséphine
Balsamo représente un danger intolérable pour les douze conspirateurs : elle semble
être capable de découvrir avant eux le formidable trésor qu'ils convoitent. Un trésor de
dix mille pierres précieuses glissées dans une borne de granit ! Le tout pouvant
être évalué, en 1894, à un milliard de francs ...
Car nos conspirateurs, soutenus par les Jésuites et les
cercles royalistes français, à force de fouiller les archives secrètes et les vieux
cartulaires, ont fini par s'apercevoir (au vu des correspondances échangées jadis entre
tous les monastères de France) qu'il y avait, pour reprendre les propres termes de la
comtesse de Cagliostro, " une circulation d'arpent qui était comme une dîme
payée bénévolement par toutes les institutions religieuses, et recueillie par les seuls
monastères du pays de Caux. Cela semblait constituer un trésor commun, une réserve
inépuisable en vue d'assauts possibles à soutenir ou de croisades à entreprendre. Un
conseil de trésorerie, composé de sept membres, gérait ces richesses, mais seul l'un
deux en connaissait lemplacement ".


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Deux vues de Saint-Wandrille (76), l'une des
abbayes normandes d'où provient notre trésor. |
Et Maurice Leblanc de préciser par une note en bas de
page : " Il est hors de doute que la fameuse légende du " Milliard
des Congrégations " trouve ici son origine ".
Maurice Leblanc semble vouloir indiquer au lecteur de quel
côté lui est venu l'inspiration pour commettre ce roman ayant pour cadre, en 1894, le
pays de Caux. Fort de cette indication, le chercheur se tournera vers le XIXe siècle pour
vérifier le bien-fondé de celle-ci. Il se rendra alors compte qu'en 1826, sous la plume
de François-Dorminique de Reynaud, comte de Montlosier, est paru un ouvrage intitulé Mémoire
à consulter sur un système religieux et politique tendant à renverser la religion, la
société et le trône qui avait pour objet de dénoncer une force occulte à vocation
politico-religieuse : LA CONGRÉGATION. Pour le comte de Montlosier " Les
forces de la Congrégation sont immenses; elles se composent d'abord du parti jésuitique
dont le centre est à Rome, à l'École de Sapience. Après le parti jésuitique, un autre
appui ardent de la Congrégation est le parti ultra-montain. A côté de celui-ci se tient
un troisième parti, (...) le parti prêtre. Il est composé de ceux qui, à tout risque
et à tout péril, veulent donner la société au Sacerdoce ".
Après avoir noyauté la préfecture de Police, la direction
générale de la Police, les Postes, la chambre des Députés, la Congrégation implanta
des réseaux de surveillance dans l'ensemble du Royaume et conféra à l'espionnage
" des lettres de noblesse (...). Il n'y a pas jusqu'au placement des domestiques
dont on a eu soin de s'emparer. J'ai vu à Paris des femmes de chambre et des laquais qui
se disaient approuvés par la Congrégation ... "
Une analyse confirmée par Chateaubriand dans une lettre
datée du 3 décembre 1825 (donc antérieure à la publication des Mémoires de
Montlosier) : " Je veux la religion comme vous, je hais comme vous la
Congrégation et ses associations d'hypocrites qui transforment mes domestiques en espions
et qui ne cherchent à l'autel que le pouvoir ".
Reconnaissons que le noyau de conspirateurs mis en scène par
Maurice Leblanc dans La comtesse de Cagliostro a incorporé tous les ingrédients
stipendiés par le comte de Montlosier : références au trône, à l'autel et aux
Jésuites; utilisation de l'espionnage et des réseaux d'influences pour parvenir à ses
fins; cloisonnement rigoureux (seul le chef des conspirateurs, un certain Beaumagnan, est
en contact direct avec la Compagnie de Jésus et connaît les véritables buts poursuivis
par le groupe des douze, ses comparses n'ont droit qu'à une version édulcorée). Maurice
Leblanc veut-il laisser entendre par là que les archives secrètes que Beaumagnan et ses
amis ont pu consulter avaient été rassemblées par la Congrégation ? Et donc
légitime corollaire que la Congrégation était dépositaire, sinon du
secret de la borne de granit renfermant dix mille pierres précieuses, du moins
d'indications concernant ce trésor estimé à un milliard de francs ?
Sans doute. Mais il s'agit-là d'une piste dont le chercheur
aura soin de se méfier s'il ne veut pas aboutir à une impasse. Maurice Leblanc
connaissait ses classiques. Il n'ignorait pas que toute chasse au trésor digne de ce nom
doit offrir son contingent de voies sans issue. Découvrir un dépôt trésoraire
cest, d'une certaine façon, tuer le Minotaure
Cest exhumer la pierre
cachée chère aux alchimistes; mais pour semparer de celle-ci, ne convient-il pas,
avant tout, de savoir faire la distinction entre les indications
" envieuses " et les indications " charitables " ?

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La petite église d'Etretat (76). Cette célèbre station
balnéaire tient la première place dans l'affaire du "trésor des congrégations
normandes". |
La borne de granit
Passons maintenant au crible de la raison la version offerte
à Raoul dAndrésy par Joséphine Balsamo. Selon cette aventurière, tout a
commencé en 1870, durant les mois qui ont précédé la guerre entre la France et la
Prusse. Le cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen et sénateur, au cours d'une
tournée pastorale dans le pays de Caux, passa une nuit au château de Gueures, alors
propriété du vieux chevalier des Aubes, lequel profite de la circonstance pour confier
à son visiteur un formidable secret. Alors qu'il avait coutume d'accompagner, enfant, à
l'époque de la Terreur, sa tante des Aubes dans une prison voisine pour y distribuer de
menus secours aux prisonniers et tenter d'adoucir leurs souffrances, le chevalier des
Aubes s'était pris de sympathie pour un homme qui, la veille de monter à
léchafaud, lui révéla qu'il était prêtre et lui fit jurer, sur son salut, d'accomplir
la mission dont la providence le chargeait : se rendre, dans un délai de vingt ans, en
l'église de Gueures. Là, un dimanche de Pâques, le chevalier des Aubes y verrait un
homme vêtu de noir.
Dès quil aurait dit son nom à cet homme, celui-ci le
conduirait non loin d'un chandelier en cuivre à sept branches qu'on n'allumait qu'aux
jours de fête. Le chevalier des Aubes répondrait à ce geste par la communication de
la formule d'emplacement. Tels étaient les deux signes de reconnaissance. Après quoi,
l'homme en noir serait guidé, en pleine campagne, jusqu'à la borne en granit. Les
cavités de celle-ci étant saturées de pierres précieuses, le surplus, depuis des
années, était enfermé dans un coffret en bois des îles enterré au pied de la borne.
Le chevalier des Aubes se rendit à l'église de Gueures le
dimanche de Pâques 1816 soit dix ans avant la parution des Mémoires du
comte de Montsolier -, mais il ne vit pas l'homme en noir. Il se rendit seul au pied de la
borne où il déterra sans peine le coffret mentionné par le prêtre guillotiné. Coffret
qu'il remit à l'archevêque de Rouen. Mais la guerre ne permit pas à ce prélat de
revoir le chevalier des Aubes. La formule d'emplacement ne lui fut pas révélée. Le
coffret et son précieux contenu disparurent lors de l'attaque d'un convoi par la
cavalerie allemande en pleine forêt de Rouvray.
L'histoire de la Menorah
Difficile de ne pas relever cette invraisemblance : dès que
le chevalier des Aubes lui aurait dit, son nom, l'homme en noir devait, conduire le jeune
homme près du chandelier à sept branches et se voir confier la formule d'emplacement !
Un peu léger comme premier contact, non ? Que pouvait évoquer le nom d'un inconnu à un
autre inconnu ? En fait, le déroulement de la rencontre nous fait penser à un processus
rituélique, à une rencontre fraternelle : avec mot de passe et déplacement dans
l'enceinte sacrée (première station : le bénitier; seconde station : l'autel). Et, le
respect du délai de vingt ans préconisé par le vieux prêtre promis à l'échafaud (la
mort du vieil homme) au jeune garçon des Aubes (lhomme nouveau) avant de se rendre
à l'église de Gueures un dimanche de Pâques (fête de la Résurrection), nous fait
penser à un processus de résurgence initiatique.
La présence du chandelier à sept branches n'est pas
fortuite. C'est même un élément décisif dans le système de localisation proposé par
Maurice Leblanc. En effet, il faut être conduit devant ce chancelier avant de rejoindre
l'emplacement de la borne de granit ... Et, nous en arrivons à la seconde invraisemblance
(mais de taille celle-là!) : le châtelain de Gueures, peu de temps avant sa mort, a
glissé dans un livre de théologie un message qui sera récupéré par Beaumagnan lors
d'une vente aux enchères : " Le mot de la formule qui désigne
lemplacement est gravé au fond du coffret ... J'ai caché le chandelier de cuivre
dans mon jardin ".
Or Raoul d'Andrésy ne découvrira, dans un pilier maçonné
du château de Gueures qu'une seule branche du chandelier ! Et personne ne
retrouvera les autres branches par la suite. Maurice Leblanc fait l'impasse sur les six
autres branches jusqu'à la fin de son roman. Pourquoi '? Pourquoi le chevalier des Aubes
aurait-il pris linitiative de mutiler le chandelier de cuivre après l'avoir enlevé
de l'église ? Cette initiative (dont le moins quon puisse dire est qu'elle ne
simposait pas !) interpelle le lecteur attentif. Elle l'invite à sappesantir
sur les tribulations du chandelier : dabord intact dans un lieu de culte
(léglise de Gueures) puis déplace, dissimulé et considéré comme perdu ... Si
nous consentons à remplacer léglise de (Gueures par le Temple de Salomon, nous
retranscrivons tout simplement l'histoire de la Menorah, le chandelier à sept
branches dérobé dans le Temple de Jérusalem par Titus, puis passé aux mains des
Wisigoths, avant de disparaître la veille du siège de Carcassonne par Clovis
Quant à l'unique branche découverte par Raoul d'Andrésy,
elle nous renvoie à la première station généralement prêtée au chandelier, après sa
sortie de Carcassonne, au milieu du VIe siècle de notre ère : son enfouissement dans
la terre du Razés
Telle était du moins l'opinion qui prévalait dans les
milieux occultistes parisiens en 1894, aux lendemains de la visite de l'abbé Bérenger
Saunière, le curé de Rennes-le-Château qu'on ne présente plus. ces mêmes milieux
occultistes que fréquentaient alors Georgette Leblanc, la tragédienne, et son frère
Maurice Leblanc, le romancier
Un être insaisissable
Dans ces conditions, la localisation
" officielle " fournie par la Comtesse de Cagliostro, le
château et l'église de Gueures, ne serait qu'un artifice de romancier (par ailleurs
follement amoureux du pays de Caux) pour lecteur pressé ... La copie normande d'un
modèle situé plus au sud. Reconnaissons que Maurice Leblanc nous met sur une piste plus
consistante (mais de façon ô combien anodine) dès les premières pages de son livre:
" Ils (Raoul d'Andrésy et Clarisse d'Etigues) s'aimaient depuis trois
mois, depuis le jour de leur rencontre dans le Midi (c'est nous qui soulignons) où
Clarisse passait quelque temps chez une amie de pension (...) Dès le début, Raoul lui
sembla un être insaisissable, mystérieux, auquel jamais, elle ne comprenait rien ".
Que faisait Raoul d'Andrésy dans le Midi ? Maurice Leblanc ne nous le dit pas. Mais il
laisse entendre qu'il y effectuait un séjour ne souffrant pas de questions, même
pour ses intimes. La localisation normande de l'intrigue est destinée aux lecteurs
pressés. Les autres se tourneront, tôt ou tard, vers la terre d'élection de la
Menorah, ils préféreront aux falaises de craie cauchoises les montagnes et les
grottes du Razès.
La cassette de Du Ferrier
Beaumagnan et ses amis royalistes se voulaient, semble-t-il,
les fils spirituels de la Congrégation : ils utilisaient volontiers les armes forgées,
un demi-siècle plus tôt, par celle-ci. Mais la Congrégation n'était-elle pas
elle-même la (pâle) copie d'une organisation antérieure ? La Comtesse de
Cagliostro a pour cadre l'année 1894. Maurice Leblanc a fait paraître ce roman en
1924. Que s'est-il passé dans l'intervalle ? Un événement décisif. Dom
Beauchet-Filleau a produit, en 1900, des documents concernant une société secrète
catholique : la Compagnie du Saint-Sacrement de l'Autel, dont le fonctionnement était
resté ignoré des historiens. Deux ans plus tard, Raoul Allier enfonçait le clou en
lançant l'expression fameuse de " cabale des dévots " et en
démontrant le mécanisme tentaculaire de l'entreprise lancée, vers 1625-1627, par un
pair de France, Henri de Lévis, duc de Ventadour.
Ayant recruté les personnalités religieuses et laïques les
plus notables de son époque, la Compagnie essaima dans plus de cinquante villes du
royaume et exerça une influence indéniable en matière politique, économique, sociale,
religieuse, philantropique et morale. Jusqu'à sa disparition, en 1666, la Compagnie du
Saint-Sacrement fonctionna de manière occulte. Citons, pour s'en convaincre, sa
résolution du 3 avril 1658 : " Il a été résolu pour conserver le secret
qui est l'âme de la Compagnie qu'il se sera plus écrit (...) par lettres
... "
Puissante, efficace, la Compagnie était également très
riche. L'un de ses membres, Du Ferrier, rapporte : "
dans une cassette
ouverte par dessus (...) j'ai vu dans une séance aller jusqu'à cinquante mille
écus ". Chaque réunion s'achevait par le versement d'offrandes dans un
coffret. Un processus auquel n'a pas omis de se référer Maurice Leblanc à travers le
coffret en bois des îles de son précieux contenu convoité par Beaumagnan.
A Beaumagnan reviendra le mérite de découvrir l'identité
du dernier gardien des richesses de la borne de granit : le frère Nicols, trésorier de
l'abbaye de Fécamp, membre du Comité des sept administrateurs délégués qui géraient
les " offrandes canalisées à travers toutes les provinces " et
" dont un seul connaissait l'emplacement du coffre-fort ".
Méfions-nous de la " fièvre éthique "
Chaque délégué " possédait une bague
épiscopale " et le Comité des sept " était représenté par un
chandelier à sept branches (
) souvenir de la liturgie hébraïque ".
Cherchons parmi les membres les plus influents de la
Compagnie du Saint-Sacrement un évêque prénommé Nicolas susceptible
d'avoir officié en plein Razès et d avoir pris pour symbole le chiffre sept
Nous le trouvons en la personne de Nicolas Pavillon
(1597-1677), évêque d'Alet. Bras droit de saint Vincent-de-Paul, il fut proposé par ce
dernier à Richelieu pour occuper le trône épiscopal d'Alet laissé vacant par la mort
de M. Polverel. Deux autres compétiteurs étaient en lice. Mais c'est Nicolas Pavillon
qui l'emporta. Un succès qui le laissa
inconsolable ! Ses bibliographies sont
unanimes là-dessus : Pavillon ne voulait pas quitter Paris pour Alet. Il était si
chagriné par cette nomination qu'il sombra dans la mélancolie, contracta une "
fièvre éthique " (sic) et se dessécha à vue dil. Il ne voulait plus
voir M. Vincent, M. des Cordes et ses amis les plus intimes. Et puis brusquement
tout changea. D'après la suite des Mémoires pour servir à la vie de Mgr
Nicolas Pavillon, évêque d'Alet : " Il entra aussitôt dans une si grande
confiance de la protection de Dieu, qu'il était résolu, s'il ne trouvait personne pour
l'aider et l'accompagner dans son diocèse, d'y aller seul avec son bréviaire sous son
bras (ce sont ses termes) ".
Ce brusque changement d'attitude, les biographes de Nicolas
Pavillon le mettent sur le compte (bien pratique) de la prière. Et ils rapportent comment
Pavillon déclina loffre royale de devenir évêque d'Auxerre sous prétexte
quil ne s'appartenait plus, mais appartenait à l'église d'Alet
Pour Maurice
Leblanc, la prière a été moins déterminante (dans le brutal revirement de Pavillon que
l'annonce du cumul de ses fonctions pastorales avec celles de trésorier de la
Compagnie du Saint-Sacrement. Devenu gardien des richesses occultes de la Compagnie,
on comprend mieux pourquoi Pavillon répond au roi qu'il ne s'appartient plus !
L'une des premières initiatives du nouvel évêque d'Alet
sera de réunir un synode (en 1640) et de découper son diocèse en sept cantons ! (Razès
inclus). La moindre des choses pour un membre éminent du Comité des sept ayant pris le
chandelier à sept branches pour symbole
La compagnie ayant cessé ses activités en 1666, onze ans
avant la mort de Nicolas Pavillon, celui-ci mérita amplement le titre de dernier
trésorier décerné par Maurice Leblanc au " frère Nicolas "
Si l'évêque Pavillon adorait parcourir, été comme hiver
les rudes montagnes de son diocèse, il ne consentit jamais à quitter celui-ci, ne
fût-ce que pour se rendre à Paris comme le faisaient les prélats de son temps. Sa
mission lui commandait assurément de bien veiller sur " la borne de granit ".
Et de recevoir les nombreux visiteurs qui se pressaient à Alet; attirés par la sainte
réputation du maître des lieux
Et parmi eux, si l'on en croit Maurice Leblanc,
certains convoyeurs de pierres précieuses !

A la manière de Claude Frollo
Le chercheur désireux de reconstituer les itinéraires
diurnes et nocturnes empruntés, quarante années durant, par cet infatigable marcheur que
fut Nicolas Pavillon, ferait bien de tenir compte du conseil transmis par Maurice Leblanc
pour localiser l'emplacement de la borne de granit. Dans La Comtesse de Cagliostro,
on découvre cet emplacement à partir de la formule Alcor gravée à l'intérieur
du couvercle du coffret en bois des îles légué par le frère Nicolas. Formule arabe
signifiant " épreuve " et désignant une étoile qui fait partie de la
constellation de la Grande Ourse. Or sept abbayes dessinent sur le sol normand ladite
constellation.
" Dès lors, écrit Leblanc, la vérité
s'imposait aussitôt. A l'endroit même où Alcor se trouve sur la figure céleste, la
borne doit fatalement se trouver sur la ligne terrestre ". écrit Leblanc, la vérité
s'imposait aussitôt. A l'endroit même où Alcor se trouve sur la figure céleste, la
borne doit fatalement se trouver sur la ligne terrestre ".
Peut-être conviendrait-il également de ne point négliger
le fait que la constellation du Corbeau possède son reflet exact sur la terre du
Razès. Saint Julia-de-Bec, Serres et Granès correspondent aux trois étoiles de cette
figure
Une réalité toponymique de nature à inciter le chercheur
à copier Claude Frollo, l'inquiétant diacre de Notre-Dame de Paris, dont Victor Hugo
nous dit qu'il calculait volontiers " l'angle du regard de ce corbeau (...) qui
regarde (...) un point mystérieux où est certainement caché la pierre ... ".