DOSSIERS \ FEVRIER 1999

  

La chasse aux trésors par les archives

Il est difficile de travailler sérieusement sans elles. Pourtant quel chercheur peut se vanter d'ouvrir fréquemment les cartons poussiéreux des archives nationales, des archives départementales ?
Lequel d'entre-vous connaît le système obligatoire et commun à tous les fonds d'archives de classement par lettres ?

Ce système, nous allons le délivrer dans son entier.

II reste des choses absolument étonnantes à découvrir dans les fonds d'archives qui, il faut le dire, font encore l'objet, à Paris, d'un tri permanent. Quelque part dans les bureaux de la rue des Francs-Bourgeois (adresse des Archives nationales), des fonctionnaires de l'état travaillent encore à trier, nomenclaturer, résumer des correspondances tirées des dossiers les plus divers.

Un homme, grand travailleur, nous a laissé des tonnes de notes, courriers, rapports concernant les activités des émigrés rentrés clandestinement en France.

II y a, ne serait-ce que dans les papiers que représentent ces caisses de documents rédigés par Fouché, de quoi monopoliser une vie de chercheur.

Lorsque les émigres revinrent en France, avec Louis VXIII, beaucoup s'évertuèrent à rechercher un trésor, vaisselle ou or, enterré dans la propriété avant le grand départ.

Le plus souvent, le château, la grande demeure, avaient été vendus comme bien national sous la Révolution. Beaucoup de ces familles ruinées se précipitèrent alors dans les bureaux de police de Fouché, pour faire valoir leurs droits; rédigeaient des rapports, des témoignages que nous conservons encore dans ces cartons !

Fouché etait encore en poste au début du règne de Louis XVIII. Il lui arriva quelquefois d'aider ces malheureux dans leur détresse. Il faut préciser que l'ancien régicide avait joué un très vilain rôle terroriste lors de la répression républicaine contre la ville de Lyon, en 1793... Il avait beaucoup à se faire pardonner sous le nouveau régime et il rendait volontiers service lorsque ce service pouvait lui attacher l'amitié d'un proche du Roi. C'est ainsi que plusieurs fois notre ancien ministre utilisa sa propre police pour parvenir à récupérer, dans une propriété privée, un trésor de "93" qu'il pouvait ainsi discrètement restituer à son propriétaire.

Ce sont des dizaines d'affaires semblables que contiennent les papiers de Fouché. Il convient de préciser qu'a cette époque, de nombreuses affaires de "trésors d'émigrés" couraient les rues. Il s'en etait tant caché sous la révolution ! Cette tradition donna même lieu au florissement d'une escroquerie qui fit changer de main pas mal d'argent.

Un homme se présentait à un autre, et au moindre prétexte, lui narrait son histoire: il avait émigré, avait caché son trésor, mais le plan de la cache se trouvait dans un meuble, un vêtement, laissé en gage à quelque usurier. Notre pseudo-émigré étant sans le sou, il demandait au "pigeon" rencontré d'aller racheter ce meuble, ces vêtements, après quoi, ayant récupéré son plan donc son trésor, il pourrait le rembourser avec forte prime.

Généralement, ceux qui mordaient à l'hameçon n'avaient qu’une idée: s'approprier le plan et oublier le vieil homme. Alléchés par une description somptueuse du trésor, les ;'pigeons" n'hésitaient pas à lâcher la forte, la très forte somme pour racheter le meuble en question. après quoi ils se retrouvaient "gros-jean comme devant", nantis d'un meuble payé dix fois son prix et d'un plan qui devait retenir leur attention parfois leur vie entière ! Nous allons voir plus loin comme ces fonds d'archives sont riches d'affaires similaires.

 

Archives départementales, archives nationales

Toutes les archives ne terminent pas leur vie bien classées rue des francs-bourgeois à Paris, loin s'en faut ! Il faudrait alors que les Archives nationales multiplient par vingt leur superficie !

Ne se trouvent dans le fonds national que des documents ayant trait à l'histoire nationale.

Les fonds appartenant aux communes, triés et nomenclaturés par les mairies, doivent eux être stockés dans les fonds d'archives départementales.

Chaque chef-lieu de département possède ainsi son magasin d'archives propre.

Ainsi, le fonds concernant les émigrés rentrés en France pourra être aussi intéressant à consulter au niveau départemental et l'on découvrira des données très précises concernant les familles disparues.

A cette échelle. ces affaires furent traitées avec le plus grand soin; au niveau national, c'est le problème de l'émigration lui-même pour tout le Royaume qui se trouve appréhendé.

Bien souvent donc, il ne reste aucun stock d'archives anciennes dans les mairies, celles-ci étant tenues de tout remettre au département. Il nous est cependant arrivé de retrouver dans des mairies des actes de baptêmes, décès, et autres documents qui théoriquement n'avaient rien à y faire.

Obtenir une communication de documents aux Archives nationales est sans doute et fort heureusement plus aisé que de percevoir un livre à la Bibliothèque nationale. N'importe qui, pourvu qu'il soit nanti de sa pièce d'identité, peut aller travailler aux Archives nationales et percevoir des documents, des cartons à condition bien sûr qu'il sache ce qu'il cherche et qu'il connaisse bien le système de cotations que nous allons vous présenter plus loin.

Les archives départementales sont encore plus faciles d'accès; il nous est arrivé de travailler dans celles de différents départements, des journées entières, avec la documentaliste pour seule compagnie. C'est très agréable, et nous avons découvert en ouvrant des dossiers et cartons plus de traces de trésors enfouis encore, qu'en consultant des memoires.

Depuis quelques années, les salles de lecture des archives départementales sont cependant plus encombrées qu'auparavant. La grande mode des recherches généalogiques a fait naître toute une faune de chercheurs en archives, bien souvent les seuls du reste à hanter ces lieux.

Notons au passage qu'il est capital que les archives françaises, qu'elles soient nationales ou départementales soient encore accessibles à tout individu pour quelque motif que ce soit. On y trouve tous les fonds des actes notariés cédés par les études, et il est courant que pour un procès immobilier, un problème d'héritage, de bornage, on vienne encore chercher aux archives des pièces vieilles de trois cents années pour étayer un procès !

Sur place donc, muni de votre bloc-notes, de vos stylos, vous n'aurez aucun mal, après lecture du "sommier" des archives, à recevoir communication des cartons vous intéressent.

Comment sont classés ces cartons ?

 

Le classement des archives

Dossiers, liasses et feuilles volantes sont classés par sujets, par thèmes, dans des cartons qui sont intégrés dans des séries elles-mêmes nanties de sous-séries.

Aux Archives nationales, par exemple, la série L concerne tous les monuments ecclésiastiques. Dans cette série, la sous-série LL concerne l'inventaire des biens religieux. Au niveau de la nationale, vous y trouverez donc tout ce qui concerne l'Archevêché de Paris, voire le Clergé de France en son ensemble; en province, la même série vous amènera aux biens de l'église locale (dans la série LL, les cartons sont ensuite classés par communes). Ces dossiers peuvent disparaître pendant les révolutions... On trouve même dans certains cartons de procès-verbaux d'enfouissement concernant des trésors toujours disparus, simplement parce qu'ils n'ont jamais été cherchés !

II faut dire que déterrer une cloche si l'on ne connaît pas l'emplacement ou elle gît à quelques mètres près tenait autrefois du miracle... grâce à l'apparition des détecteurs de métaux, il n'en va plus de même, et une indication de localisation, même très vague, peut vous permettre de retrouver un trésor autrefois considéré comme perdu... et dont le souvenir s'est en outre souvent perdu même dans la mémoire collective d’une ville, d'un village. Voici, intégralement livré, le système de classement des archives françaises: vous allez voir que le classement des documents diffère légèrement selon que l'on se trouve face à des archives nationales ou à des archives départementales.

 

La cotation des archives nationales

Les archives nationales se trouvent à Paris, rue des Francs-Bourg au N° 60. Elles offrent au chercheur deux faces: les archives proprement dites, et un musée des Archives de France très intéressant à visiter; on y découvrira le petit carnet de Louis XVI, empli de "Rien..", les notes personnelles de Robespierre, différents souvenirs historiques très émouvants.

SERIE A - Lois et décrets de la Constituante, la Législative et la Convention.

Ce fonds est l'origine des Archives nationales; on y trouve les originaux scellés des lois et décrets, les enregistrements de ceux-ci et des tables facilitant les recherches.

SERIE B - Elections et votes

Ba: Elections aux Etats généraux (1789), règlements, procès-verbaux et correspondance les concernant; documents communiqués à Camus et conservés par lui dans les archives de l'Assemblée.

BI: Elections à Paris et dans les provinces (1790-99), surtout intéressant pour Paris.

BII: Statistiques des votes plébiscitaires sur les constitutions (1793, 1795, 1798, 1800, 1802, 1804, 1815, 1851).

BIII: Copies concernant les élections de 1789.

SERIE C - procès-verbaux des Assemblées.

C: Assemblées des notables de 1787 et 1788, et notes sur celles de 1626.

Assemblées provinciales de 1787 et 1788, et notes sur celles de 1626.

Assemblées provinciales de 1787 et 1788.

Constituante, Législative et Convention.

Conseils des Cinq Cents et des Anciens.

Tribunat et Corps législatif.

C I: Registres des procès-verbaux des Etats généraux et des Assemblées de 1789 à 1813;

de la Chambre des dEputes (1814-48);

de la Constituante (1848-49);

de la Législative (1849-51);

du Corps législatif (1852-70);

de l'Assemblée nationale et de la Chambre des députés (depuis 1871).

C II: Répertoires concernant les Assemblées.

CC: procès-verbaux du Sénat conservateur et des Chambres des Pairs (1800-48);

Inventaires du mobilier et du domaine de la Couronne (1815-48).

SERIE D - Représentants en mission et Comités des Assemblées.

D: Papiers des représentants en mission dans les départements et aux armées (1792-99); il n'y a là qu'une partie de ces archives, disparues pour la plupart (cf. aussi D xv, AF II et les Arch. départementales).

D 1: Comité des décrets, procès-verbaux et archives.

DIII: Comité de législation (important pour la jurisprudence, la justice militaire, l'organisation judiciaire et les mesures concernant les émigrés).

D IV: Comité de Constitution (organisation administrative de la France en 1789-91).

D IV bis: Comité de Division du Territoire (idem, en 1791-97).

D V: Comité des Lettres de Cachet (Etat des détentions en 1789-91)

D VI: Comité des Finances (budget, dette et créance publique, contributions, emprunts, de 1789 à 1792).

D VII: Comité de l'Extraordinaire des Finances (détaché du précédent, 1791 -92).

D VIII: Comité des Assignats et Monnaies (1789-92).

D IX: Comités des Impositions (fonds conserve au bureau du cadastre, au ministère de l'Intérieur).

D X: Comité des Pensions (1788-91).

D XIII: Comité d'Agriculture et de Commerce.

D XIV: Comité des Droits Féodaux ( I 789-92).

D XV: Comité militaire (1789-95).

D XVI: Comité de la Marine (1789-96).

D XVII: Comité de Judicature (liquidation des anciens offices judiciaires et ministériels, notariat, 1789-91).

D XIX: Comité ecclésiastique (Eglise et Clergé de France, biens ecclésiastiques, 1789-91).

D XXII: Comité d'Aliénation (biens nationaux; cf. aussi Q2).

D XXIII: Comité diplomatique (1791-92).

D XXIV: Comité d'Avignon (délibérations des communes au sujet de la reunion, troubles, etc.).

D XXV: Comité des Colonies (fonds très intéressant: papiers des commissaires envoyés à l'occasion de troubles, notamment à Saint Dominique, 1789-97).

D XXIX: Comité des Rapports (police générale, 1789-91).

D XXIX bis: Comité des Recherches (pétitions, dénonciations, 1789-91).

D XXXVIII: Comité d'Instruction publique (1789-99).

D XXXIX: Comité de Classification des lois (législation, préparation des codes, 1792-99).

D XL: Comité des Pétitions (lettres et adresses aux Assemblées, correspondance des représentants aux armées, 1791 -95).

D XLII: Comité de Salut Public (Vendée, soulèvements locaux, massacres de septembre, correspondance; l'essentiel se trouve dans AF II

D XLIII: Comité de Sûreté générale (lettres; I'essentiel est dans F7).

D: Registres de quelques représentants en mission.

D I a XLII: Registres des Comités des Assemblées.

SERIE E - Conseil du Roi.

Minutes et archives du Conseil royal ainsi que des conseils de Dombes (1564-1780), de Lorraine (XVIIe-XVIIIe siècles) et de Bouillon (XVIIIè siècle); les arrets du Conseil sont repartis en deux séries chronologiques parallèles: ceux du Conseil des Finances ou Conseil d'Etat (1593-1791) et les arrêts "en commandement" du Conseil d'En-Haut, du Conseil des dépêches, du Conseil de régence, etc. (1611-1791).

SERIE F - Administration générale de la France

Ce sont la les archives versées depuis la Révolution par les ministères et organes administratifs. Chaque sous-série est donc en elle-même un fonds, voire la réunion des différents fonds concernant un même genre d'affaires. La série F est en continuel enrichissement par la voie des versements réguliers. On y trouve même des archives de ministères ayant leur autonomie archivistique, déposées aux Archives nationales pour des raisons de place. Dans certaines séries, ont été conservés des fonds antérieurs à 1789, venus en la possession du Ministère de l'Intérieur.

F: Enregistrement

F1: Administration générale.

Fla: Objets généraux (relations du ministre de l'Intérieur avec ses collègues, ordonnances générales).

F1 b: Personnel administratif.

Flc: Esprit public, élections.

Fld: Affaires particulières (décorations, faveurs, etc.).

Fle: Pays annexes ou dépendants (1792-1824): Belgique, Hollande, Italie, Rhénanie, Départements hanséatiques, Illyrie, Espagne, Portugal, Andorre, Malte, etc.

P2: Administration départementale (classement par matières) et affaires intercommunales (classement par département).

F3: Administration communale (classement par département).

F4: Comptabilité générale.

F5: Comptabilité départementale.

F6: Comptabilité communale (classement par département).

F7: Police générale (étrangers, émigres, Comité de Sûreté générale, affaires diverses).

F8: Police sanitaire (épidémies, cimetières, pharmacie, exercice de la médecine).

F9: Police militaire (Garde nationale, recrutement, chevaux, pompiers, etc.).

F10: Agriculture (haras, médecine vétérinaire, épizooties, cheptel).

F11: Subsistances (ravitaillement de guerre, fabrications alimentaires, achats à l'étranger, rationnement, état des récoltes, mercuriales).

F12: Commerce et industrie (contrôle et réglementation, statistiques, poids et mesures, commerce extérieur, douanes, tribunaux de commerce, bourse, transports; registres de la dernière Compagnie des Indes).

F13: Travaux publics (bâtiments civils, urbanisme, adductions d'eau).

F14: Ponts et Chaussées (routes, ponts, canaux, mines, chemins de fer).

F15: Hospices et secours (pensions, assistance).

F16: Prisons et mendicité.

F17: Instruction publique et beaux-arts (Université, établissements d'enseignement, musées, théâtres, académies, diplômes, inventions et découvertes, personnel enseignant, archives, bibliothèques).

F18: Imprimerie et librairie (importation de livres, dépôt légal, censure).

Fl9: Cultes (biens et matériel de culte, dépenses, personnel).

F20: Statistique (recensements, cadastre, statistiques agricoles et économiques).

F21: Beaux-arts (monuments historiques, bâtiments, subventions concours).

F22: Travail et sécurité sociale.

F23: Temps de guerre (réfugiés, rapatriés, ravitaillement).

F30 à F34: Finances (contributions, enregistrement, domaines, douanes).

F35: Manufactures de l'Etat.

F36: Affaires économiques.

F40: Guerre (artillerie au XVIIIe siècle, circulaires et instructions du ministre, fortifications, matricules, depuis le XVIIle siècle).

F50: Marine et colonies (quelques séries en dépôt).

F60: Affaires étrangères (idem).

F70: Ministères d'Etat.

F80: Algérie (organisation administrative, affaires arabes, police, domaine, travaux publics, instruction, justice; cf. également les séries précédentes).

F90: Postes, télégraphes et téléphones.

Nouveaux versements - Depuis 1872, les versements ministériels n'ont pu, faute de place, être immédiatement rangés à la suite des différentes sous-séries; ils sont donc conservés sous une cotation unique et continue (a partir de F 62990). Des états des versements permettent de retrouver les documents dans cette gigantesque série: chaque liasse porte l'indication de la sous-série où elle devrait être comptée et son numéro dans la cotation continue de l'ensemble de la série. Par la suite, les sous-séries ont été matériellement reconstituées mais les cotes sont toujours données selon le système continu. On a donc, par exemple, deux articles entrés à la suite et cotés ainsi: F18 89806 (dépôt légal) et F17 89807 (instruction publique).

SERIE G - Administrations financières et spéciales.

G1: Ferme générale (traites, gabelles, aides et droits domaniaux, baux, salines, tabacs, postes; XVIIe-XVIIIe siècles).

G2: Régie des Aides, domaines et droits réunis.

G3: Administration des Eaux et Forets (Ancien Régime).

G4: Loterie ( I 774- 1803).

G5: Amirauté et Conseil des prises.

G6: Succession de Law (quelques épaves) et ancienne Compagnie des Indes.

G7: Contrôle général des Finances (correspondance de nombreux intendants, comptabilité générale, trésorerie, impôts, agriculture, commerce, police, finances et subsistances militaires et maritimes, etc.).

G8: Agence générale du Clergé (décimes, don gratuit, assemblées générales, droits et privilèges du Clergé, pensions, jansénisme, aliénations du temporel, emprunts sur le Clergé, censure).

G9: Commission des réguliers et des secours.

SERIE H - Administrations locales et comptabilités diverses.

H1: Généralités du royaume: cahiers et procès-verbaux des Etats, administration des intendances, industrie, agriculture, travaux publics, jurisprudence des parlements, impositions, etc. (ordre alphabétique des généralités; les fonds de Bretagne, de Languedoc et de Provence sont particulièrement riches; certaines généralités sont à peine représentées, leurs archives étant, légitimement, restées sur place lors du triage

révolutionnaire).

H2: Bureau de la ville de Paris; intendance de Paris (intéressant pour l'urbanisme au XVIIIe siècle).

H3: Universités et collèges de Paris (avant la Révolution; ce sont surtout des documents comptables).

H4: Péages.

H5: Etablissements religieux: comptabilité et titres de rentes de l'archevêché de Paris, de l'H6tel-Dieu, des chapitres, confréries, paroisses et établissements religieux de Paris (quelques pièces depuis le XIIe siècle, mais surtout intéressant pour les XVIIe et XVIIIe siècles).

SERIE J - Trésors des chartes de France

J: Layettes (ancien nom des caissettes de bois dans lesquelles ces documents etaient conservés à la fin de l'Ancien Régime) classées topographiquement par gouvernements et villes intéressées, avec une série de "mélanges" ou dossiers d'affaires diverses (testaments des rois et princes, inventaires des joyaux de la Couronne, croisades, traités avec la Hollande, guerre du Bien public).

Chartriers de Mercurol et Puy-Paulin (fiefs réunis au domaine royal).

JJ: Registres du Trésor des chartes, de Philippe Auguste à Charles IX, suivis de quelques inventaires anciens.

SERIE K - Monuments historiques.

K: Cartons des rois (collection constituée à la Révolution avec des pièces provenant de différents fonds; classement chronologique, du Vle au XVllle siècle).

Copies de chartes (IXe-XVIIIe siècles).

Comptes, successions, inventaires de biens (XIIIe-XVIIIe siècles).

Maison du roi et princes du sang (contrats de mariage, testaments, actes d'état civil), papiers de l'apanage d'Orléans (XIIIe-XVIIIe siècles), des familles de Condé (XVIIe-XVIII siècles) et de Conti (XIVe-XVIIIe siècles).

Dignités et finances (XVIIIe siècle).

Villes et provinces (privilèges, registres municipaux, etc.; ordre topographique).

Diplomatie: ambassades et négociations (notamment avec l'Espagne au XVIIe siècle).

Cérémonial, règlements de l'Hôtel du roi.

Chartriers de la principauté de Montbeliard et de la seigneurie de Montperroux.

KK: Registres concernant les mêmes questions et classés dans le même ordre que les pièces des cartons de la série K; les comptes royaux, les comptes des princes, des provinces et de particuliers forment une suite hétéroclite (on y trouve des comptes du comte d'Asti pour la fin du XVc siècle) mais d'une grande richesse.

SERIE L - Monuments ecclésiastiques.

Cette collection est essentiellement composée de fonds nationalisés à la Révolution.

L: Bulles et brefs pontificaux, originaux (ordre chronologique).

Archevêché et chapitre de Paris.

Eglises de Paris.

Evêchés de France (ordre alphabétique).

Ordres monastiques (notamment la plus grande partie des chartriers de Saint-Germain-des-Prés, Saint-Denis et Saint-Victor).

LL: Registres (même ordre que les cartons): cartulaires, statuts, registres capitulaires, inventaires, terriers, comptes, etc.*

SERIE M - Ordres militaires et hospitaliers, Universités, collèges, titres nobiliaires.

M: Ordres de Malte, de Saint-Lazare, du Saint-Esprit, de la Toison d'Or, etc.; maladreries et hospices.

Universités (notamment de Paris); d'autres parties de ces fonds se trouvent dans les bibliothèques des facultés.

Titres nobiliaires divers, preuves de Malte et de Saint-Lazare.

MM: Registres concernant les mêmes questions et dans le même ordre que les cartons.

Manuscrits divers; beaucoup ont été remis à la Bibliothèque nationale.

SERIE N - Cartes et plans.

N: Plans retirés des différents dossiers où ils se trouvaient originellement; la composition de cette collection a soustrait des pièces importantes des dossiers et réalisé une série dont les articles sont isolés de tout contexte.

Quelques versements du bureau topographique du ministère de l'Intérieur y ont été joints.

NN: Cartes, semblablement réunies; on y trouve les exemplaires de la carte de Cassini sur lesquels les commissaires de la Constituante ont délimité les départements. Il y a de nombreuses cartes d'autres pays, y compris l'Amerique et l'Océanie.

SERIE O - Maisons des souverains.

O1: Maison du Roi: archives du secrétaire d'Etat à la Maison du roi, décisions du roi (brevets, lettres de cachet, ordonnances de paiement, lettres de naturalité ou de légitimation), enregistrement par les Cours souveraines, dépêches concernant les provinces, correspondance avec les autres secrétaires d'Etat, listes et dossiers de pensions, liste civile, etc. On y trouve les dossiers sans rapport avec la Maison du roi, en raison des attributions multiples du secrétaire d'Etat (intendance de Turgot en Limousin, par exemple). La même sous-série contient les archives des différents offices de la Maison du roi (Grand-Aumonier, Grand-Maître , Grand-Chambellan, Grand-Ecuyer, Grand-Veneur) et les documents concernant les cérémonies, bâtiments, manufactures royales, jardins, académies, beaux-arts, et le mobilier et le domaine de la Couronne ainsi que l'Urbanisme parisien et versaillais (XVIIe-XVIIIe siècles).

O2: Maison de l'Empereur (mêmes documents pour les années 1790-1815).

O3: Maison du roi (1914-1830).

O4: Maison et cabinet du roi (1830-1848).

O5: Ministère de la Maison de l'Empereur (1852-1870; pièces comptables surtout).

SERIE P - Chambre des comptes de Paris.

P: Hommages, aveux et dénombrements (titres domaniaux de la monarchie et reconnaissances envers elle, reçues par la Chambre ou par les trésoriers de France qui les lui transmettaient à partir du XVIe siècle; pièces depuis le XIVe siècle, classées selon les généralités du XVIIIe siècle.

Terriers (états du domaine royal, du XVe siècle au XVIIIe siècle, et archives des Chambres des comptes de seigneuries réunies à la Couronne: Anjou, Moulins, Touraine).

Echanges entre le roi et des particuliers (XVIIe-XVIIIe siècles).

Mémoriaux (enregistrement des actes royaux intéressant les finances et le domaine): registres compilés après 1737 pour la période 1137-1737, et registres originaux pour la période postérieure à l'incendie de la Chambre (1737-1791).

Fonctionnement et personnel de la Chambre.

PP: Inventaires anciens (XVIe-XVlle siècles) des archives de la Chambre; la précision en est souvent supérieure à celles des pièces et mémoriaux reconstitués, dont ils sont une des principales sources.

SERIE Q - Titres domaniaux

Q1: Titres extraits, lors du triage révolutionnaire, des archives de la Chambre des comptes de Paris, du Contrôle général des Finances, du Bureau de la ville de Paris, des propriétés ecclésiastiques et de biens des princes placés sous séquestre; ces pièces (XIIe-XVIIle siècles) sont classées par département, arrondissements et cantons, à l'exception de quelques fonds laissés intacts (comte de Blois, duché d'Orléans) et classés dans le principal département intéressé par chacun.

Q2: Vente de biens nationaux (estimations, ventes, acquéreurs).

Q3: Rôles de taxes diverses (XVIle-XVllle siècles).

SERIE R - Papiers des princes.

Titres originaux et documents domaniaux de familles princières, séquestrés à la Révolution (XIe-XIXe siècles).

La plupart de ces papiers ont été restitués aux familles en 1815; il n'en est resté que ceux des familles de Bouillon, de Conti et de Longueville.

On y a joint depuis les archives des princes ayant accédé au trône dans le courant du XIXe siècle.

R1: Apanage d'Artois.

R2: Maison de Bouillon.

R3: Maison de Conti et Longueville.

R4: Apanage d'Orléans.

R5: Apanage de Provence.

SERIE S - Biens des corporations séquestrées.

Une partie des fonds conservés dans cette série a été utilisée lors de la composition des séries K, L et M.

Archevêchés de Paris et communautés religieuses du département de la Seine (Saint-Denis, Saint-Victor et Saint-Germain-des-Prés, en particulier).

Evêchés, abbayes et corporations (classes par département).

Paroisses du département de la Seine.

Corporations religieuses du département de la Seine.

Commanderies de Saint-Lazare et de Malte (par département).

Hospices et congrégations hospitalières de la Seine.

Université et Collèges de Paris.

Congrégations missionnaires, séminaires, écoles religieuses, etc.

Déclarations du temporel ecclésiastique (Bureau du Clergé, décimes).

SERIE T - Séquestre

Cette série n'intéresse que la Seine; beaucoup de pièces ont été restituées aux familles après la Révolution.

T: Emigrés et condamnés pendant la Révolution.

Successions en déshérence (XVIIe-XIXe siècles).

Déclarations pour l'emprunt forcé de 1793-94.

Corporations laïques, ouvrières ou marchandes.

Perquisitions.

TT: Affaires et biens des religionnaires fugitifs. Papiers concernant l'émigration protestante à la suite de la révocation de l'Edit de Nantes.

Comptes de la régie des biens séquestrés (1686-1786).

Requêtes et mémoires.

Affaires générales concernant les protestants (1524-1787): surveillance, organisation, luttes, biens, correspondance ministérielle.

Révocation de l'Edit de Nantes (poursuites, séquestre, etc.).

SERIE U - Extraits et copies de pièces judiciaires.

Pièces provenant des archives du Parlement de Paris, du Grand Conseil, de la Cour des aides, de la Cour des monnaies, etc.; on y trouve des mémoires et factums, des traités juridiques, des tables de jurisprudence

XVIIe-XVIIIe siècles, mais copies d'actes remontant au XIIIe siècle.

SERIE V - Grande Chancellerie, prévôté et requêtes de l'Hôtel, conseils.

V1: Lettres de provisions d'offices, correspondance du chancelier, amnisties, affaires de librairie.

V2: Secrétaires du roi (titres généraux, registres de délibérations et comptes de leur collège).

V3: Prévôté de l'Hôtel (jugements concernant les officiers de la Maison du roi et certains privilégies).

V4: Requêtes de l'Hôtel (jugements de personnes privilégiées, au civil et au criminel; sentences de condamnation ou de réhabilitation, adjudications; dossiers d'affaires importantes).

V5: Grand Conseil: arrêts en matières de bénéfices ecclésiastiques (minutes et registres).

V6: Conseil prive, Conseil d'Etat jugeant en cassation (minutes).

V7: Commissions extraordinaires (affaires particulières, dans l'ordre alphabétique des parties requérantes).

VX: Conseil souverain de Dombes, conseil prive du prince, etc.

SERIE W - Tribunaux révolutionnaires.

Parquet (1793-95), Tribunal révolutionnaire (1792-96) et tribunal de Brest ( 1793-94); commissions militaires et Haute Cour de Vendôme (1795-96).

SERIE X - Parlement de Paris.

X1a: Parlement civil, registres (juges, arrêts, conseil, plaidoiries, conseil secret, enregistrement des lettres patentes, saisies, inventaires après décès des princes, Grands Jours de Troyes, Poitiers, Tours, Bordeaux, Montferrand, Moulins, Angers, Riom, Chalons, Lyon, etc., réformation des coutumes, correspondance, greffe, civil).

X1b: Parlement civil, minutes (même subdivisions).

Xlc: Parlement civil. accords et transactions homologues au Parlement.

X2a: Parlement criminel, registres (arrêts, greffe criminel).

X2b: Parlement criminel, minutes (arrêts, greffe criminel).

X3a: Requêtes du Palais, registres.

X3b: Requêtes du Palais, minutes.

X4a: Chancellerie du Palais, registres.

X4b: Chancellerie du Palais, minutes.

X5: Communauté des procureurs au Parlement.

SERIE Y - Châtelet de Paris et prévôté de l'Ile-de-France.

Livres de couleur et Bannières (registres des ordonnances et arrêt concernant la ville et la prévôté).

Insinuations (enregistrement des actes de donation).

Parc civil, licitations, enchères et saisies réelles.

Actes passés en l'hôtel du lieutenant civil (tutelles, émancipations) ; registres d'audience de la prévôté.

Sentences rendues par défaut.

Epices et droits de réception des magistrats.

Condamnations aux dépens.

Communauté des procureurs au Châtelet.

Sentences du Présidial et des différentes chambres.

Commissaires au Châtelet (archives rangées par étude).

Registres des jurandes et métiers soumis à l’autorité du procureur du roi.

Procès-Verbaux de la prévôté de l'Ile-de-France (délits sur les grands chemins).

SERIE Z - Juridictions spéciales et ordinaires.

Z1: Juridictions spéciales:

Z1a: Cour des aides (XIVe-XVIIIe siècles).

Z1b: Cour des monnaies (XIVe-XVIIIe).

Z1c: Connétablie et Maréchaussée de France (XVIe-XVIIIe)

Z1d: Amirauté de France (XVIe-XVIIIe).

Z1e: Maîtrise des Eaux et Forêts (XVIe-XVIII)

Z1f: Bureau des Finances et Chambre du domaine (XVe-XVIIIe).

Z1g: Election de Paris (XVIe-XVIIIe).

Z1h: Bureau de la ville de Paris (XIVe-XVIIIe).

Z1i: Chambre de liquidation de la dette de l'Etat (1764-75).

Z1j: Chambre et greffiers des bâtiments (XVIIe-XVIIIe).

Z1k: Grenier à sel de Paris (XVIIe-XVIIe).

Z1l: Chambre de la Marée (1783-84).

Z1m: Bailliage de l'Arsenal ( XVIIe-XVIIIe).

Z1n: Chambre des hôpitaux et maladreries (XVIIe-XVIIIe).

Z1o: Officialité de Paris (XIVe-XVIIIe).

Z1p: Chambre ecclésiastique des décimes (XVI-XVIIIe).

Z1q: Bailliage de la Varenne du Louvre (XVIIe-XVIIIe).

Z1r: Cent-suisses de la Maison du roi (XVIIe-XVIIIe).

Z2: Juridictions ordinaires, royales et seigneuriales (ordre alphabétique de leur siège).

Z3: Tribunaux intermédiaires: tribunal des Dix (1791) et tribunaux criminels provisoires (1791-92).

ZZ1: Notaires et tabellionages (minutes de notaires et tabellions, du XIVe au XVIIIe siècle, classées par ordre alphabétique des villes; voir surtout les minutiers déposés).

ZZ2: Bureau des saisies réelles (XVIIe-XVIIIe siècles).

ZZ3: Bureau des consignations (XVIIe-XVIIIe siècles; classement d'après la juridiction ayant rendu la sentence).

SERIE AA - Collection particulière concernant notamment l'histoire de la Normandie et de la Bretagne, la ville de Vitre, Saint-Domingue, la Chouannerie, etc. (fin XVIIIe-début XIXe siècle).

SERIE BB - Versements du ministère de la Justice.

Personnel, affaires civiles et criminelles, comptabilité, pensions et frais de justice.

SERIE AB - Organisation et services des Archives.

Ce sont les archives propres de la direction des Archives de France; la plus importante sous-série, AB XIX, contenait les pièces entrées aux Archives nationales par voies extraordinaires (dons, achats, versements de particuliers ou d'entreprises, dépôts divers); devant le développement pris par cette sous-série dans les dernières années, elle a été supprimée pour sa plus grande partie et remplacée par les séries AP, AQ et AS.

SERIE AC - Secrétariat et bibliothèque des Archives.

SERIE AD - Bibliothèque administrative: collection Rondonneau.

Documents imprimés concernant l'administration de la France depuis la Monarchie.

SERIE AE - Armoire de fer et musée.

Pièces soustraites à leur série originelle et ayant de ce fait une double cote. Elles ne sont pas toutes exposées dans l'actuel Musée de l'Histoire de France.

SERIE AF - Secrétairerie d'Etat impériale.

Archives administratives postérieures à 1789, placées au Louvre sur ordre de Napoléon 1er pour l'utilité de son gouvernement. Ce fonds, extrêmement riche (plus de 5000 cartons et registres) contient les minutes de toutes les décisions prises par les organismes gouvernementaux, la correspondance et les dossiers afférents au travail de ceux-ci, classés par départements ministériels ou par affaires.

AF1: Monarchie constitutionnelle (conseils et comites, Commission des Douze).

AFII: Convention (Conseil exécutif et Convention, Comité de Salut Public).

AFIII: Directoire (Directoire exécutif).

AFIV: Consulat et Empire (Secrétairerie d'Etat).

AFV: Première Restauration (Secrétairerie d'Etat).

SERIE AP - Archives privées.

Papiers de familles ou de personnalités; citons parmi les plus importants les fonds de la Tremoille, Bertier de Sauvigny, Ney.

SERIE AQ - Archives économiques.

Sans cette série dont l'importance s’accroît sans cesse, notons les fonds des Chemins de Fer de l'Est (13 AQ, 2651 articles) et du Nord (48 AQ, 2719 articles) ainsi que le fonds Oberkampf (41 AQ, 128 articles); on y trouve nombre de fonds d'entreprises industrielles et commerciales, voire de banques.

SERIE AS - Archives d'associations.

Série encore peu développée.

SERIE Mi - Microfilm de complément.

Parmi les fonds ou pseudo fonds d’importance variable que comprend cette série, nous signalerons les archives du Tribunal militaire international de Nuremberg (24 Mi, 130 rouleaux), les documents du Public Record Office concernant la France (20 Mi, 6 rouleaux), le chartrier de Saint-Fargeau avec les pièces concernant les biens de Jacques Cœur (4 Mi, 11 rouleaux), etc.

MINUTIER CENTRAL

Archives des notaires de la Seine ayant plus de 125 ans de date, classées selon les études actuelles; les fonds des études anciennes peuvent y être retrouvés facilement grâce à des tables.

 

La cotation des archives départementales

Le classement est beaucoup plus simple en ce qui concerne les fonds départementaux que pour les archives Nationales.

Le chercheur trouvera dans les archives ecclésiastiques tous les renseignements qu'il peut souhaiter concernant les biens des congrégations couvents etc... Pour ce qui est de recherches d’affaires trésorières liées à la vie de particuliers, ce sont les archives des communes qui lui apporteront le plus d'enseignements.

Citons un dossier d'archives très visité: celui qui, numéroté " O " Rennes-le-Château, dort dans les rayonnages des archives départementales de l'Aude. Nous avons pu, vers les années 1970, encore le compulser. Il comportait en particulier les plaintes adressées par les habitants de Rennes à Monseigneur l'Évêque, plaintes concernant les travaux nocturnes effectués par Béranger Saunière dans le cimetière du village... Des centaines de chercheurs ont déclassé, les uns à la suite des autres, ce précieux dossier, de ce fait il n'est plus maintenant, sauf cas particulier, communicable. Les archives départementales sont triées comme suit:

 

Archives d’Ancien Régime.

SERIE A - Actes du pouvoir souverain: édits, ordonnances, lettres patentes.

Domaine public: domaine royal, apanage des princes; quelques trésors des chartes de grands feudataires: Artois (Pas-de-Calais), Orléans (Loiret).

SERIE B - Cours et juridictions (sauf dans la Seine).

Parlements: fonds considérables auxquels sont souvent jointes les archives des cours souveraines antérieures à l'établissement du Parlement.

Bailliages et sénéchaussées.

Chambre des comptes: enregistrements, hommages, comptes, pièces justificatives. Ces fonds ont parfois recueilli les trésors des chartes seigneuriaux: Flandre (Nord), Bourgogne (Cote d’Or), Franche-Comté (Doubs), Provence (Bouches-du-Rhône).

Cours des aides.

Cours des monnaies.

Juridictions inférieures, parfois particulières à la région.

SERIE C - Administrations provinciales.

Intendances, subdélégations, élections, bureaux de finances.

Etats provinciaux.

SERIE D - Instruction publique.

Universités et collèges (registres d'inscriptions, comptabilité).

Académies et sociétés savantes.

SERIE E - Féodalité: titres de familles et de communautés; quelques beaux chartiers (Maine-et-Loire notamment).

Notariat: minutiers remontant parfois au XIVe siècle (au XIIIe dans les Bouches-du-Rhône) versés à la suite de disparition des études et tabellionats, ou par un récent propriétaire de l'étude. Les recherches peuvent être rendues moins difficiles par le recours aux registres de formalités et d'enregistrement des bureaux du Contrôle (série C).

Corporations, confréries, sociétés laïques: ces fonds sont fort utiles pour l'histoire de la bourgeoisie.

Etat civil: registres paroissiaux versés par les communes et doubles des registres d'état civil, l'original étant conservé dans les archives communales. Ces registres sont classés par commune et par ordre chronologique; il y a des tables décennales depuis l793. Ces fonds remontent parfois au XVle ou au XVIIe siècle; les registres postérieurs à la Révolution sont placés à la suite des précédents, sans distinction.

SERIE F - Pièces diverses: manuscrits, fragments, fonds de familles (Loir-et-Cher notamment).

 

Archives ecclésiastiques.

SERIE G - Clergé séculier. Au contraire des fonds ecclésiastiques du diocèse de Paris, démembrés entre diverses séries composites des Archives nationales (F19, H5, K, L, M, N. S), les fonds des autres diocèses ont généralement gardé leur unité. Il y a lieu de les compléter par l'examen des archives que les églises, les chapitres et les paroisses ont pu garder et qui sont parfois conservées dans des bibliothèques.

 

Archevêchés et évêchés (cartulaires, terriers, comptes).

Chapitres, officialités, chancelleries épiscopales (registres de délibérations et d'enregistrement).

Séminaires (domaines, administration).

Collégiales (registres de délibérations capitulaires).

Paroisses, fabriques, chapelles, aumôneries, etc. (biens, bâtiments).

SERIE H - Clergé régulier.

Abbayes et prieurés (cartulaires, titres, statuts, actes de juridiction, mense, temporel, fiefs, etc.).

Ordres militaires: prieurés et commanderies de Malte, notamment le fonds très riche du Grand Prieuré de Saint-Gilles (Bouches-du-Rhône) : quelques épaves des archives des commanderies du Temple et de Saint Antoine-de-Viennois.

Hospices et maladreries

 

Archives modernes.

SERIE K - Lois, ordonnances et arrêteé: collection des publications officielles, registres des décisions du préfet et du Conseil de préfecture.

SERIE L - Administration et juridictions de l’époque révolutionnaire.

Lois et décrets (publies ou copies).

Délibérations des conseils ou directoires de département ou de district.

Délibérations des municipalités cantonales.

Registres de correspondance.

Sociétés populaires.

Comités de surveillance.

SERIE M - Personnel et administration générale.

SERIE N - Administration et comptabilité départementales.

SERIE O - Administration et comptabilité communales.

SERIE P - Finances, cadastre, postes, eaux et forets.

SERIE Q - Domaine: vente de biens nationaux, séquestre d'établissements religieux et de biens d'émigrés ou d'étrangers à l'époque révolutionnaire.

SERIE R - Guerres et affaires militaires.

SERIE S - Travaux publics.

SERIE T - Instruction publique, sciences et arts.

SERIE U - Justice.

SERIE V - Cultes.

SERIE X - Etablissements de bienfaisance.

SERIE Y - Prisons et mendicité.

SERIE Z - Affaires diverses.

 

Une mine de renseignements

Les deux listes qui précèdent vous auront sans doute parues abruptes, sèches. Connaître le sens des cotations, est cependant capital pour un chercheur, nous allons le voir en détail. Ce sont bien des trésors que contiennent ces archives, pour qui sait les lire; ils ne sont pas des moindres. Outre nos archives nationales et départementales, existent quelques petits fonds épars. Dans les communes, ils contiennent ce que les maires n'ont pas remis aux archives départementales; le plus souvent ce sont des pièces dont cependant copie a été délivrée au chef-lieu mais qui, pour des raisons évidentes restent dans les communes qui sont toujours fières de les conserver, ce peut être, par exemple, des recensements très anciens, véritables pièces de musée, où l'on dénombre les feux que comptaient autrefois une ville, un village. Certains remontent au XIIIeme siècle.

Les archives militaires sont conservées dans les corps d'armée ou les régions militaires; les pièces concernant les individus se trouvent aux archives militaires de Vincennes, ou aux Invalides. Notons que les cartons concernant l'arme du génie sont particulièrement intéressants à consulter, on y trouve le plan de très nombreux ouvrages de défense établis par ce corps d'armée. Pour ce qui est des archives ecclésiastiques, il y a et il y aura toujours méfiance entre les prêtres séculiers et l'état Républicain.

Les archives ecclésiastiques modernes restent dans les évêchés, les abbayes, selon qu'il s'agisse d'archives séculières ou régulières. Elles ne sont pas communicables. Le dossier "Béranger Saunière" aux archives ecclésiastiques de Carcassonne, en l'évêché, ne devait pas, théoriquement, être communiqué avant 1993... Ces documents individuels doivent rester secrets pendant cent années.

Il est certaines abbayes qui considèrent leurs archives comme un véritable trésor qu'elles ne céderaient pour rien au monde; ainsi, l'abbaye de Solesmes conserve-t-elle jalousement tous les documents ayant trait à son histoire. Pour consulter de tels documents, il vaut mieux montrer patte blanche; de toutes façons, même si l'on y parvient, ce ne pourra être qu'au prix de longues transactions...

Nous avons livré in-extenso le système de classement des archives nationales et départementales.

Penchons-nous maintenant sur certaines séries propres à retenir notre attention de chercheurs de trésors.

 

Les trésors des Archives nationales

Les séries de l'ancien régime tout d’abord vont nous livrer parfois des documents intéressant le chercheur.

C'est ainsi que la série G1, concernant la gestion de la Ferme sous l'ancien régime peut nous délivrer des renseignements concernant des trésors déjà découverts, la richesse de certaines familles.

La série L, des monuments ecclésiastiques , elle aussi à compulser avec ferveur. On y trouve l'inventaire des biens du Clergé de France.

N'oublions pas que celui-ci avait été réalisé en plusieurs années sous la direction de Talleyrand, futur défroqué d’Autun, à la veille même de la Révolution. On y trouve bien la liste de tous les biens des églises de France avant la grande tourmente.

Combien de ces précieux objets dont on nous donne la description sont-ils encore cachés sous quelque pierre tombale, sous quelque pavage d'église ? La série LL nous délivre la nomenclature, dans le même esprit, de tous les séquestres révolutionnaires effectués sur des biens d'église...

Ces cartons sont absolument remplis d'affaires de cloches disparues, de calices enfouis ou protégés par la population d'un village, d'une ville, afin de leur éviter la fonte...

La série S est tout aussi riche; elle concerne les biens des établissements religieux supprimés. Là encore, on en apprend de belles !

II est rare que des congrégations acceptent leur dissolution sans maudire leur bourreau, et livrent docilement les trésors accumulés par des siècles de contemplation.

Hautement intéressante, la série TT. Elle concerne les biens des familles protestantes chassées par la révocation de l'Edit de Nantes en 1685... Des centaines de familles ont du alors quitter la France après avoir dissimulé leurs biens jamais retrouvés depuis. Ces cartons nous délivrent des affaires étonnantes car, derrière le départ des protestants, toute une bande de vautours catholiques attendaient de pouvoir se remplir les poches sur les dépouilles des dépossédés... Or, les protestants formaient une véritable élite culturelle et économique dont notre pays a eu le tort de vouloir volontairement se séparer.

La série T. des papiers privés tombés dans le domaine public contient tous les papiers saisis sur des émigrés ou des condamnés pendant la Révolution. Très valable ! Les émigrés pris en France étaient automatiquement condamnés à mort. De tous les possesseurs des papiers que contient ce carton, il n'en est pas un qui échappa à ce sort terrible.

Le plus souvent, ces documents rédigés réellement sous forme de testaments contiennent les derniers secrets, les dernières volontés du prisonnier, et, pour les émigrés, bien des plans difficile à lire.......

Le fonds moderne (1789-1940) nous offre aussi des surprises intéressantes. On y trouve en particulier toutes les archives de la Révolution française. Les papiers du comité des finances, ceux du comité des assignats et des monnaies se trouvent dans la série D ainsi que tous les rapports des représentants en mission envoyés dans les provinces par la Révolution... devant ces hommes qui décentralisent la terreur, des centaines de trésors de particuliers, d'églises et de congrégations religieuses s'enfouissaient sous terre. Leurs rapports en font état, nous révélant des affaires trésoraires inédites. Le comité des droits féodaux toujours dans la même série, etait chargé d'analyser des affaires locales souvent épineuses.

 

Même chose pour le comité ecclésiastique.

La série W est très émouvante. Elle comprend tous les documents établis par le tribunal révolutionnaire de Paris.

Que de trésors dorment dans cette série ?

Tel émigré pris les armes à la main, tel survivant de la déroute vendéenne, interrogé, va livrer des renseignements concernant des trésors de guerre, des caches d'arme... renseignements alors inutilisables ! Nous possédons nous-mêmes copie de certains de ces interrogatoires qui nous dévoilent l'existence, aux alentours du Mans, de véritables trésors enfouis par les vendéens pourchassés après le passage de la Loire.

La série AJ4 est intéressante; elle fut au lendemain de la guerre de 1914 chargée de répertorier tous les crimes commis par les Allemands dans les pays occupés (la France donc) en violation "du droit des gens". La série BB, consacrée aux papiers du ministère de la justice contient une sous catégorie BB13 qui porte sur "les absents civils ou les successions tombées en déshérence". Là encore, il y a derrière une telle appellation de très belles affaires de trésors familiaux.

Les "fonds divers" sont constitués par des séries de documents émanant d'individus privés, et depuis tombés dans le domaine public.

Certains cartons concernent la narration d'affaires trésoraires connues.

Relevons parmi eux les papiers "clément de Ris" (58AP), ce sénateur qui inspira Balzac (une ténébreuse affaire). Enlevé soit disant par des chouans et délesté de son argenterie, il fut caché longtemps dans une caverne souterraine située en foret, et dont il donne une très bonne description.

Les papiers "Javon" (60AP) devraient nous permettre de retrouver quelques renseignements concernant la mystérieuse cassette de louis et de documents que le tribun fit enfouir en forêt de Fontainebleau par son valet quelque temps avant de mourir.

Les papiers "Fouché", dont nous avons parle plus haut, se trouvent sous la cotation 187AP.

Enfin, citons le dossier AB XIX 3367, qui concerne plus particulièrement "l'affaire" d'Oradour.

Bien entendu, nous ne pouvions vous donner, dans notre liste des fonds, la nomenclature précise de toutes les sous-catégories; il aurait fallu pour cela plusieurs ouvrages.

Signalons que les Archives nationales diffusent, pour un prix modique, une série de volumes reliés en maroquin vert et contenant le répertoire intégral des catégories et sous-catégories archivées. Ce guide vous sera lors de recherches d'un très précieux secours tant il est précis.

On ne peut se le fournir que sur place.

Chaque série est donc ainsi partagée en sous-séries, qui elles comprennent des sous-cotations relatives aux pièces elles-mêmes. C'est ainsi que, dans la série T. les papiers saisis sur des émigrés regroupent les documents ou liasses T 1 à 982, les papiers trouvés dans les voitures publiques, T 983 à 1041.

 

Les trésors des archives départementales

Certaines séries des archives départementales seront d'un grand intérêt pour le chercheur de trésors. Il en va ainsi des archives séries et sous-séries de la cotation G, documents concernant les comptes de congrégations religieuses. La série H porte elle sur le clergé régulier, abbayes et monastères. Dans la série G qui concerne le clergé séculier, une sous-série est plus particulièrement consacrée aux affaires en rapport avec la vie des paroisses.

Mais, la plus passionnante de toutes les séries contenues dans les archives départementales , celle dans laquelle vous pourrez passer des jours entiers à réaliser des découvertes inédites et incroyables, reste sans aucun doute la série Q, plus ou moins épaisse selon les départements. Elle concerne les séquestres d'établissements religieux effectués sous la Révolution, la saisie des biens d'émigrés, le tout avec un luxe de détail inouï. Un classement par individu, famille ou congrégation, et bien souvent l'original de tous les rapports extrêmement précis dressés dans le feu de l'action nous permettront de travailler.

 

Un véritable musée

Outre le musée que nous offre les Archives nationales, le "Musée de l'Histoire de France", il en est un autre bien plus émouvant encore mais que ne connaissent que quelques privilégiés... Il est contenu dans les cartons relatifs aux affaires criminelles.

Là, avec les dépositions originales des protagonistes de sombres affaires, on découvre toutes les pièces à conviction des plus grands procès de notre histoire. Les pièces à conviction sont parfois émouvantes: une paire de bretelles, de chaussons de femme tachés de sang, des armes parmi les plus insolites. Elles sont parfois aussi très encombrantes ! Les archives possèdent ainsi la fameuse machine infernale de Fieschi; elle pèse plusieurs dizaines de kilos... On trouve aussi parmi ces étranges pièces la veste que portait Damiens lorsqu'il frappa Louis XV d'un coup de canif, le couteau qui armait la main de Louvel lorsqu'il tua le Duc de Berry, les poignards de nécessité avec lesquels les derniers jacobins se donnèrent la mort mutuellement à l'issue de leur procès.

En travaillant les archives, vous découvrirez que dort dans les cartons tout un monde ou le réel dépasse parfois l'imaginaire.

Signalons pour terminer que les Archives de France possèdent leur propre maison d'édition, maison diffusée par "La Documentation française" - 29-31 quai de Voltaire - 75340 Paris cedex 07.

On trouve, au sein du catalogue général, de nombreux ouvrages portant tant sur les archives elles-mêmes et leur contenu que sur les méthodes du métier d'archiviste. Parmi les livres édités, quelques uns méritent de retenir l'attention du chercheur, il s'agit de:

"Guide des papiers privés d'époque révolutionnaire" par F.Hildesheimer, ou encore l'ouvrage " Les Familles Protestantes en France du XVIeme siècle à 1792" par G. Bernard. Dans les deux cas, nous voyons un thème précis traité au plus profond, précisément à partir des documents d'archives disponibles aux Archives nationales.

Rappelons l’existence de "L'Inventaire Général des Fonds" et de "L'Etat des Inventaires", une série de livres publiés par les Archives de France, et délivrant au chercheur une véritable reconstitution des documents disponibles rue des Francs-Bourgeois.

 

Par le groupe de recherche HERMES et Didier Audinot. Extrait du livre " Chasse aux Trésors - Méthodes et Techniques ".

Copyright © Tresors.com 2002 - Tous droits réservés