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La chasse aux trésors par les
archives
Il est difficile de travailler sérieusement
sans elles. Pourtant quel chercheur peut se vanter d'ouvrir fréquemment les cartons
poussiéreux des archives nationales, des archives départementales ?
Lequel d'entre-vous connaît le système obligatoire et commun à tous les fonds
d'archives de classement par lettres ?
Ce système, nous allons le délivrer dans
son entier.
II reste des choses absolument étonnantes à
découvrir dans les fonds d'archives qui, il faut le dire, font encore l'objet, à Paris,
d'un tri permanent. Quelque part dans les bureaux de la rue des Francs-Bourgeois (adresse
des Archives nationales), des fonctionnaires de l'état travaillent encore à trier,
nomenclaturer, résumer des correspondances tirées des dossiers les plus divers.
Un homme, grand travailleur, nous a laissé
des tonnes de notes, courriers, rapports concernant les activités des émigrés rentrés
clandestinement en France.
II y a, ne serait-ce que dans les papiers que
représentent ces caisses de documents rédigés par Fouché, de quoi monopoliser une vie
de chercheur.
Lorsque les émigres revinrent en France,
avec Louis VXIII, beaucoup s'évertuèrent à rechercher un trésor, vaisselle ou or,
enterré dans la propriété avant le grand départ.
Le plus souvent, le château, la grande
demeure, avaient été vendus comme bien national sous la Révolution. Beaucoup de ces
familles ruinées se précipitèrent alors dans les bureaux de police de Fouché, pour
faire valoir leurs droits; rédigeaient des rapports, des témoignages que nous conservons
encore dans ces cartons !
Fouché etait encore en poste au début du
règne de Louis XVIII. Il lui arriva quelquefois d'aider ces malheureux dans leur
détresse. Il faut préciser que l'ancien régicide avait joué un très vilain rôle
terroriste lors de la répression républicaine contre la ville de Lyon, en 1793... Il
avait beaucoup à se faire pardonner sous le nouveau régime et il rendait volontiers
service lorsque ce service pouvait lui attacher l'amitié d'un proche du Roi. C'est ainsi
que plusieurs fois notre ancien ministre utilisa sa propre police pour parvenir à
récupérer, dans une propriété privée, un trésor de "93" qu'il pouvait
ainsi discrètement restituer à son propriétaire.
Ce sont des dizaines d'affaires semblables
que contiennent les papiers de Fouché. Il convient de préciser qu'a cette époque, de
nombreuses affaires de "trésors d'émigrés" couraient les rues. Il s'en etait
tant caché sous la révolution ! Cette tradition donna même lieu au florissement d'une
escroquerie qui fit changer de main pas mal d'argent.
Un homme se présentait à un autre, et au
moindre prétexte, lui narrait son histoire: il avait émigré, avait caché son trésor,
mais le plan de la cache se trouvait dans un meuble, un vêtement, laissé en gage à
quelque usurier. Notre pseudo-émigré étant sans le sou, il demandait au
"pigeon" rencontré d'aller racheter ce meuble, ces vêtements, après quoi,
ayant récupéré son plan donc son trésor, il pourrait le rembourser avec forte prime.
Généralement, ceux qui mordaient à
l'hameçon n'avaient quune idée: s'approprier le plan et oublier le vieil homme.
Alléchés par une description somptueuse du trésor, les ;'pigeons" n'hésitaient
pas à lâcher la forte, la très forte somme pour racheter le meuble en question. après
quoi ils se retrouvaient "gros-jean comme devant", nantis d'un meuble payé dix
fois son prix et d'un plan qui devait retenir leur attention parfois leur vie entière !
Nous allons voir plus loin comme ces fonds d'archives sont riches d'affaires similaires.
Archives départementales, archives
nationales
Toutes les archives ne terminent pas leur vie
bien classées rue des francs-bourgeois à Paris, loin s'en faut ! Il faudrait alors que
les Archives nationales multiplient par vingt leur superficie !
Ne se trouvent dans le fonds national que des
documents ayant trait à l'histoire nationale.
Les fonds appartenant aux communes, triés et
nomenclaturés par les mairies, doivent eux être stockés dans les fonds d'archives
départementales.
Chaque chef-lieu de département possède
ainsi son magasin d'archives propre.
Ainsi, le fonds concernant les émigrés
rentrés en France pourra être aussi intéressant à consulter au niveau départemental
et l'on découvrira des données très précises concernant les familles disparues.
A cette échelle. ces affaires furent
traitées avec le plus grand soin; au niveau national, c'est le problème de l'émigration
lui-même pour tout le Royaume qui se trouve appréhendé.
Bien souvent donc, il ne reste aucun stock
d'archives anciennes dans les mairies, celles-ci étant tenues de tout remettre au
département. Il nous est cependant arrivé de retrouver dans des mairies des actes de
baptêmes, décès, et autres documents qui théoriquement n'avaient rien à y faire.
Obtenir une communication de documents aux
Archives nationales est sans doute et fort heureusement plus aisé que de percevoir un
livre à la Bibliothèque nationale. N'importe qui, pourvu qu'il soit nanti de sa pièce
d'identité, peut aller travailler aux Archives nationales et percevoir des documents, des
cartons à condition bien sûr qu'il sache ce qu'il cherche et qu'il connaisse bien le
système de cotations que nous allons vous présenter plus loin.
Les archives départementales sont encore
plus faciles d'accès; il nous est arrivé de travailler dans celles de différents
départements, des journées entières, avec la documentaliste pour seule compagnie. C'est
très agréable, et nous avons découvert en ouvrant des dossiers et cartons plus de
traces de trésors enfouis encore, qu'en consultant des memoires.
Depuis quelques années, les salles de
lecture des archives départementales sont cependant plus encombrées qu'auparavant. La
grande mode des recherches généalogiques a fait naître toute une faune de chercheurs en
archives, bien souvent les seuls du reste à hanter ces lieux.
Notons au passage qu'il est capital que les
archives françaises, qu'elles soient nationales ou départementales soient encore
accessibles à tout individu pour quelque motif que ce soit. On y trouve tous les fonds
des actes notariés cédés par les études, et il est courant que pour un procès
immobilier, un problème d'héritage, de bornage, on vienne encore chercher aux archives
des pièces vieilles de trois cents années pour étayer un procès !
Sur place donc, muni de votre bloc-notes, de
vos stylos, vous n'aurez aucun mal, après lecture du "sommier" des archives, à
recevoir communication des cartons vous intéressent.
Comment sont classés ces cartons ?
Le classement des archives
Dossiers, liasses et feuilles volantes sont
classés par sujets, par thèmes, dans des cartons qui sont intégrés dans des séries
elles-mêmes nanties de sous-séries.
Aux Archives nationales, par exemple, la
série L concerne tous les monuments ecclésiastiques. Dans cette série, la sous-série
LL concerne l'inventaire des biens religieux. Au niveau de la nationale, vous y trouverez
donc tout ce qui concerne l'Archevêché de Paris, voire le Clergé de France en son
ensemble; en province, la même série vous amènera aux biens de l'église locale (dans
la série LL, les cartons sont ensuite classés par communes). Ces dossiers peuvent
disparaître pendant les révolutions... On trouve même dans certains cartons de
procès-verbaux d'enfouissement concernant des trésors toujours disparus, simplement
parce qu'ils n'ont jamais été cherchés !
II faut dire que déterrer une cloche si l'on
ne connaît pas l'emplacement ou elle gît à quelques mètres près tenait autrefois du
miracle... grâce à l'apparition des détecteurs de métaux, il n'en va plus de même, et
une indication de localisation, même très vague, peut vous permettre de retrouver un
trésor autrefois considéré comme perdu... et dont le souvenir s'est en outre souvent
perdu même dans la mémoire collective dune ville, d'un village. Voici,
intégralement livré, le système de classement des archives françaises: vous allez voir
que le classement des documents diffère légèrement selon que l'on se trouve face à des
archives nationales ou à des archives départementales.
La cotation des archives nationales
Les archives nationales se trouvent à Paris,
rue des Francs-Bourg au N° 60. Elles offrent au chercheur deux faces: les archives
proprement dites, et un musée des Archives de France très intéressant à visiter; on y
découvrira le petit carnet de Louis XVI, empli de "Rien..", les notes
personnelles de Robespierre, différents souvenirs historiques très émouvants.
SERIE A - Lois et décrets de la
Constituante, la Législative et la Convention.
Ce fonds est l'origine des Archives
nationales; on y trouve les originaux scellés des lois et décrets, les enregistrements
de ceux-ci et des tables facilitant les recherches.
SERIE B - Elections et votes
Ba: Elections aux Etats généraux (1789),
règlements, procès-verbaux et correspondance les concernant; documents communiqués à
Camus et conservés par lui dans les archives de l'Assemblée.
BI: Elections à Paris et dans les provinces
(1790-99), surtout intéressant pour Paris.
BII: Statistiques des votes plébiscitaires
sur les constitutions (1793, 1795, 1798, 1800, 1802, 1804, 1815, 1851).
BIII: Copies concernant les élections de
1789.
SERIE C - procès-verbaux des Assemblées.
C: Assemblées des notables de 1787 et 1788,
et notes sur celles de 1626.
Assemblées provinciales de 1787 et 1788, et
notes sur celles de 1626.
Assemblées provinciales de 1787 et 1788.
Constituante, Législative et Convention.
Conseils des Cinq Cents et des Anciens.
Tribunat et Corps législatif.
C I: Registres des procès-verbaux des Etats
généraux et des Assemblées de 1789 à 1813;
de la Chambre des dEputes (1814-48);
de la Constituante (1848-49);
de la Législative (1849-51);
du Corps législatif (1852-70);
de l'Assemblée nationale et de la Chambre
des députés (depuis 1871).
C II: Répertoires concernant les
Assemblées.
CC: procès-verbaux du Sénat conservateur et
des Chambres des Pairs (1800-48);
Inventaires du mobilier et du domaine de la
Couronne (1815-48).
SERIE D - Représentants en mission et
Comités des Assemblées.
D: Papiers des représentants en mission dans
les départements et aux armées (1792-99); il n'y a là qu'une partie de ces archives,
disparues pour la plupart (cf. aussi D xv, AF II et les Arch. départementales).
D 1: Comité des décrets, procès-verbaux et
archives.
DIII: Comité de législation (important pour
la jurisprudence, la justice militaire, l'organisation judiciaire et les mesures
concernant les émigrés).
D IV: Comité de Constitution (organisation
administrative de la France en 1789-91).
D IV bis: Comité de Division du Territoire
(idem, en 1791-97).
D V: Comité des Lettres de Cachet (Etat des
détentions en 1789-91)
D VI: Comité des Finances (budget, dette et
créance publique, contributions, emprunts, de 1789 à 1792).
D VII: Comité de l'Extraordinaire des
Finances (détaché du précédent, 1791 -92).
D VIII: Comité des Assignats et Monnaies
(1789-92).
D IX: Comités des Impositions (fonds
conserve au bureau du cadastre, au ministère de l'Intérieur).
D X: Comité des Pensions (1788-91).
D XIII: Comité d'Agriculture et de Commerce.
D XIV: Comité des Droits Féodaux ( I
789-92).
D XV: Comité militaire (1789-95).
D XVI: Comité de la Marine (1789-96).
D XVII: Comité de Judicature (liquidation
des anciens offices judiciaires et ministériels, notariat, 1789-91).
D XIX: Comité ecclésiastique (Eglise et
Clergé de France, biens ecclésiastiques, 1789-91).
D XXII: Comité d'Aliénation (biens
nationaux; cf. aussi Q2).
D XXIII: Comité diplomatique (1791-92).
D XXIV: Comité d'Avignon (délibérations
des communes au sujet de la reunion, troubles, etc.).
D XXV: Comité des Colonies (fonds très
intéressant: papiers des commissaires envoyés à l'occasion de troubles, notamment à
Saint Dominique, 1789-97).
D XXIX: Comité des Rapports (police
générale, 1789-91).
D XXIX bis: Comité des Recherches
(pétitions, dénonciations, 1789-91).
D XXXVIII: Comité d'Instruction publique
(1789-99).
D XXXIX: Comité de Classification des lois
(législation, préparation des codes, 1792-99).
D XL: Comité des Pétitions (lettres et
adresses aux Assemblées, correspondance des représentants aux armées, 1791 -95).
D XLII: Comité de Salut Public (Vendée,
soulèvements locaux, massacres de septembre, correspondance; l'essentiel se trouve dans
AF II
D XLIII: Comité de Sûreté générale
(lettres; I'essentiel est dans F7).
D: Registres de quelques représentants en
mission.
D I a XLII: Registres des Comités des
Assemblées.
SERIE E - Conseil du Roi.
Minutes et archives du Conseil royal ainsi
que des conseils de Dombes (1564-1780), de Lorraine (XVIIe-XVIIIe siècles) et de Bouillon
(XVIIIè siècle); les arrets du Conseil sont repartis en deux séries chronologiques
parallèles: ceux du Conseil des Finances ou Conseil d'Etat (1593-1791) et les arrêts
"en commandement" du Conseil d'En-Haut, du Conseil des dépêches, du Conseil de
régence, etc. (1611-1791).
SERIE F - Administration générale de la
France
Ce sont la les archives versées depuis la
Révolution par les ministères et organes administratifs. Chaque sous-série est donc en
elle-même un fonds, voire la réunion des différents fonds concernant un même genre
d'affaires. La série F est en continuel enrichissement par la voie des versements
réguliers. On y trouve même des archives de ministères ayant leur autonomie
archivistique, déposées aux Archives nationales pour des raisons de place. Dans
certaines séries, ont été conservés des fonds antérieurs à 1789, venus en la
possession du Ministère de l'Intérieur.
F: Enregistrement
F1: Administration générale.
Fla: Objets généraux (relations du ministre
de l'Intérieur avec ses collègues, ordonnances générales).
F1 b: Personnel administratif.
Flc: Esprit public, élections.
Fld: Affaires particulières (décorations,
faveurs, etc.).
Fle: Pays annexes ou dépendants (1792-1824):
Belgique, Hollande, Italie, Rhénanie, Départements hanséatiques, Illyrie, Espagne,
Portugal, Andorre, Malte, etc.
P2: Administration départementale
(classement par matières) et affaires intercommunales (classement par département).
F3: Administration communale (classement par
département).
F4: Comptabilité générale.
F5: Comptabilité départementale.
F6: Comptabilité communale (classement par
département).
F7: Police générale (étrangers, émigres,
Comité de Sûreté générale, affaires diverses).
F8: Police sanitaire (épidémies,
cimetières, pharmacie, exercice de la médecine).
F9: Police militaire (Garde nationale,
recrutement, chevaux, pompiers, etc.).
F10: Agriculture (haras, médecine
vétérinaire, épizooties, cheptel).
F11: Subsistances (ravitaillement de guerre,
fabrications alimentaires, achats à l'étranger, rationnement, état des récoltes,
mercuriales).
F12: Commerce et industrie (contrôle et
réglementation, statistiques, poids et mesures, commerce extérieur, douanes, tribunaux
de commerce, bourse, transports; registres de la dernière Compagnie des Indes).
F13: Travaux publics (bâtiments civils,
urbanisme, adductions d'eau).
F14: Ponts et Chaussées (routes, ponts,
canaux, mines, chemins de fer).
F15: Hospices et secours (pensions,
assistance).
F16: Prisons et mendicité.
F17: Instruction publique et beaux-arts
(Université, établissements d'enseignement, musées, théâtres, académies, diplômes,
inventions et découvertes, personnel enseignant, archives, bibliothèques).
F18: Imprimerie et librairie (importation de
livres, dépôt légal, censure).
Fl9: Cultes (biens et matériel de culte,
dépenses, personnel).
F20: Statistique (recensements, cadastre,
statistiques agricoles et économiques).
F21: Beaux-arts (monuments historiques,
bâtiments, subventions concours).
F22: Travail et sécurité sociale.
F23: Temps de guerre (réfugiés, rapatriés,
ravitaillement).
F30 à F34: Finances (contributions,
enregistrement, domaines, douanes).
F35: Manufactures de l'Etat.
F36: Affaires économiques.
F40: Guerre (artillerie au XVIIIe siècle,
circulaires et instructions du ministre, fortifications, matricules, depuis le XVIIle
siècle).
F50: Marine et colonies (quelques séries en
dépôt).
F60: Affaires étrangères (idem).
F70: Ministères d'Etat.
F80: Algérie (organisation administrative,
affaires arabes, police, domaine, travaux publics, instruction, justice; cf. également
les séries précédentes).
F90: Postes, télégraphes et téléphones.
Nouveaux versements - Depuis 1872, les
versements ministériels n'ont pu, faute de place, être immédiatement rangés à la
suite des différentes sous-séries; ils sont donc conservés sous une cotation unique et
continue (a partir de F 62990). Des états des versements permettent de retrouver les
documents dans cette gigantesque série: chaque liasse porte l'indication de la
sous-série où elle devrait être comptée et son numéro dans la cotation continue de
l'ensemble de la série. Par la suite, les sous-séries ont été matériellement
reconstituées mais les cotes sont toujours données selon le système continu. On a donc,
par exemple, deux articles entrés à la suite et cotés ainsi: F18 89806 (dépôt légal)
et F17 89807 (instruction publique).
SERIE G - Administrations financières et
spéciales.
G1: Ferme générale (traites, gabelles,
aides et droits domaniaux, baux, salines, tabacs, postes; XVIIe-XVIIIe siècles).
G2: Régie des Aides, domaines et droits
réunis.
G3: Administration des Eaux et Forets (Ancien
Régime).
G4: Loterie ( I 774- 1803).
G5: Amirauté et Conseil des prises.
G6: Succession de Law (quelques épaves) et
ancienne Compagnie des Indes.
G7: Contrôle général des Finances
(correspondance de nombreux intendants, comptabilité générale, trésorerie, impôts,
agriculture, commerce, police, finances et subsistances militaires et maritimes, etc.).
G8: Agence générale du Clergé (décimes,
don gratuit, assemblées générales, droits et privilèges du Clergé, pensions,
jansénisme, aliénations du temporel, emprunts sur le Clergé, censure).
G9: Commission des réguliers et des secours.
SERIE H - Administrations locales et
comptabilités diverses.
H1: Généralités du royaume: cahiers et
procès-verbaux des Etats, administration des intendances, industrie, agriculture, travaux
publics, jurisprudence des parlements, impositions, etc. (ordre alphabétique des
généralités; les fonds de Bretagne, de Languedoc et de Provence sont particulièrement
riches; certaines généralités sont à peine représentées, leurs archives étant,
légitimement, restées sur place lors du triage
révolutionnaire).
H2: Bureau de la ville de Paris; intendance
de Paris (intéressant pour l'urbanisme au XVIIIe siècle).
H3: Universités et collèges de Paris (avant
la Révolution; ce sont surtout des documents comptables).
H4: Péages.
H5: Etablissements religieux: comptabilité
et titres de rentes de l'archevêché de Paris, de l'H6tel-Dieu, des chapitres,
confréries, paroisses et établissements religieux de Paris (quelques pièces depuis le
XIIe siècle, mais surtout intéressant pour les XVIIe et XVIIIe siècles).
SERIE J - Trésors des chartes de France
J: Layettes (ancien nom des caissettes de
bois dans lesquelles ces documents etaient conservés à la fin de l'Ancien Régime)
classées topographiquement par gouvernements et villes intéressées, avec une série de
"mélanges" ou dossiers d'affaires diverses (testaments des rois et princes,
inventaires des joyaux de la Couronne, croisades, traités avec la Hollande, guerre du
Bien public).
Chartriers de Mercurol et Puy-Paulin (fiefs
réunis au domaine royal).
JJ: Registres du Trésor des chartes, de
Philippe Auguste à Charles IX, suivis de quelques inventaires anciens.
SERIE K - Monuments historiques.
K: Cartons des rois (collection constituée
à la Révolution avec des pièces provenant de différents fonds; classement
chronologique, du Vle au XVllle siècle).
Copies de chartes (IXe-XVIIIe siècles).
Comptes, successions, inventaires de biens
(XIIIe-XVIIIe siècles).
Maison du roi et princes du sang (contrats de
mariage, testaments, actes d'état civil), papiers de l'apanage d'Orléans (XIIIe-XVIIIe
siècles), des familles de Condé (XVIIe-XVIII siècles) et de Conti (XIVe-XVIIIe
siècles).
Dignités et finances (XVIIIe siècle).
Villes et provinces (privilèges, registres
municipaux, etc.; ordre topographique).
Diplomatie: ambassades et négociations
(notamment avec l'Espagne au XVIIe siècle).
Cérémonial, règlements de l'Hôtel du roi.
Chartriers de la principauté de Montbeliard
et de la seigneurie de Montperroux.
KK: Registres concernant les mêmes questions
et classés dans le même ordre que les pièces des cartons de la série K; les comptes
royaux, les comptes des princes, des provinces et de particuliers forment une suite
hétéroclite (on y trouve des comptes du comte d'Asti pour la fin du XVc siècle) mais
d'une grande richesse.
SERIE L - Monuments ecclésiastiques.
Cette collection est essentiellement
composée de fonds nationalisés à la Révolution.
L: Bulles et brefs pontificaux, originaux
(ordre chronologique).
Archevêché et chapitre de Paris.
Eglises de Paris.
Evêchés de France (ordre alphabétique).
Ordres monastiques (notamment la plus grande
partie des chartriers de Saint-Germain-des-Prés, Saint-Denis et Saint-Victor).
LL: Registres (même ordre que les cartons):
cartulaires, statuts, registres capitulaires, inventaires, terriers, comptes, etc.*
SERIE M - Ordres militaires et hospitaliers,
Universités, collèges, titres nobiliaires.
M: Ordres de Malte, de Saint-Lazare, du
Saint-Esprit, de la Toison d'Or, etc.; maladreries et hospices.
Universités (notamment de Paris); d'autres
parties de ces fonds se trouvent dans les bibliothèques des facultés.
Titres nobiliaires divers, preuves de Malte
et de Saint-Lazare.
MM: Registres concernant les mêmes questions
et dans le même ordre que les cartons.
Manuscrits divers; beaucoup ont été remis
à la Bibliothèque nationale.
SERIE N - Cartes et plans.
N: Plans retirés des différents dossiers
où ils se trouvaient originellement; la composition de cette collection a soustrait des
pièces importantes des dossiers et réalisé une série dont les articles sont isolés de
tout contexte.
Quelques versements du bureau topographique
du ministère de l'Intérieur y ont été joints.
NN: Cartes, semblablement réunies; on y
trouve les exemplaires de la carte de Cassini sur lesquels les commissaires de la
Constituante ont délimité les départements. Il y a de nombreuses cartes d'autres pays,
y compris l'Amerique et l'Océanie.
SERIE O - Maisons des souverains.
O1: Maison du Roi: archives du secrétaire
d'Etat à la Maison du roi, décisions du roi (brevets, lettres de cachet, ordonnances de
paiement, lettres de naturalité ou de légitimation), enregistrement par les Cours
souveraines, dépêches concernant les provinces, correspondance avec les autres
secrétaires d'Etat, listes et dossiers de pensions, liste civile, etc. On y trouve les
dossiers sans rapport avec la Maison du roi, en raison des attributions multiples du
secrétaire d'Etat (intendance de Turgot en Limousin, par exemple). La même sous-série
contient les archives des différents offices de la Maison du roi (Grand-Aumonier,
Grand-Maître , Grand-Chambellan, Grand-Ecuyer, Grand-Veneur) et les documents concernant
les cérémonies, bâtiments, manufactures royales, jardins, académies, beaux-arts, et le
mobilier et le domaine de la Couronne ainsi que l'Urbanisme parisien et versaillais
(XVIIe-XVIIIe siècles).
O2: Maison de l'Empereur (mêmes documents
pour les années 1790-1815).
O3: Maison du roi (1914-1830).
O4: Maison et cabinet du roi (1830-1848).
O5: Ministère de la Maison de l'Empereur
(1852-1870; pièces comptables surtout).
SERIE P - Chambre des comptes de Paris.
P: Hommages, aveux et dénombrements (titres
domaniaux de la monarchie et reconnaissances envers elle, reçues par la Chambre ou par
les trésoriers de France qui les lui transmettaient à partir du XVIe siècle; pièces
depuis le XIVe siècle, classées selon les généralités du XVIIIe siècle.
Terriers (états du domaine royal, du XVe
siècle au XVIIIe siècle, et archives des Chambres des comptes de seigneuries réunies à
la Couronne: Anjou, Moulins, Touraine).
Echanges entre le roi et des particuliers
(XVIIe-XVIIIe siècles).
Mémoriaux (enregistrement des actes royaux
intéressant les finances et le domaine): registres compilés après 1737 pour la période
1137-1737, et registres originaux pour la période postérieure à l'incendie de la
Chambre (1737-1791).
Fonctionnement et personnel de la Chambre.
PP: Inventaires anciens (XVIe-XVlle siècles)
des archives de la Chambre; la précision en est souvent supérieure à celles des pièces
et mémoriaux reconstitués, dont ils sont une des principales sources.
SERIE Q - Titres domaniaux
Q1: Titres extraits, lors du triage
révolutionnaire, des archives de la Chambre des comptes de Paris, du Contrôle général
des Finances, du Bureau de la ville de Paris, des propriétés ecclésiastiques et de
biens des princes placés sous séquestre; ces pièces (XIIe-XVIIle siècles) sont
classées par département, arrondissements et cantons, à l'exception de quelques fonds
laissés intacts (comte de Blois, duché d'Orléans) et classés dans le principal
département intéressé par chacun.
Q2: Vente de biens nationaux (estimations,
ventes, acquéreurs).
Q3: Rôles de taxes diverses (XVIle-XVllle
siècles).
SERIE R - Papiers des princes.
Titres originaux et documents domaniaux de
familles princières, séquestrés à la Révolution (XIe-XIXe siècles).
La plupart de ces papiers ont été
restitués aux familles en 1815; il n'en est resté que ceux des familles de Bouillon, de
Conti et de Longueville.
On y a joint depuis les archives des princes
ayant accédé au trône dans le courant du XIXe siècle.
R1: Apanage d'Artois.
R2: Maison de Bouillon.
R3: Maison de Conti et Longueville.
R4: Apanage d'Orléans.
R5: Apanage de Provence.
SERIE S - Biens des corporations
séquestrées.
Une partie des fonds conservés dans cette
série a été utilisée lors de la composition des séries K, L et M.
Archevêchés de Paris et communautés
religieuses du département de la Seine (Saint-Denis, Saint-Victor et
Saint-Germain-des-Prés, en particulier).
Evêchés, abbayes et corporations (classes
par département).
Paroisses du département de la Seine.
Corporations religieuses du département de
la Seine.
Commanderies de Saint-Lazare et de Malte (par
département).
Hospices et congrégations hospitalières de
la Seine.
Université et Collèges de Paris.
Congrégations missionnaires, séminaires,
écoles religieuses, etc.
Déclarations du temporel ecclésiastique
(Bureau du Clergé, décimes).
SERIE T - Séquestre
Cette série n'intéresse que la Seine;
beaucoup de pièces ont été restituées aux familles après la Révolution.
T: Emigrés et condamnés pendant la
Révolution.
Successions en déshérence (XVIIe-XIXe
siècles).
Déclarations pour l'emprunt forcé de
1793-94.
Corporations laïques, ouvrières ou
marchandes.
Perquisitions.
TT: Affaires et biens des religionnaires
fugitifs. Papiers concernant l'émigration protestante à la suite de la révocation de
l'Edit de Nantes.
Comptes de la régie des biens séquestrés
(1686-1786).
Requêtes et mémoires.
Affaires générales concernant les
protestants (1524-1787): surveillance, organisation, luttes, biens, correspondance
ministérielle.
Révocation de l'Edit de Nantes (poursuites,
séquestre, etc.).
SERIE U - Extraits et copies de pièces
judiciaires.
Pièces provenant des archives du Parlement
de Paris, du Grand Conseil, de la Cour des aides, de la Cour des monnaies, etc.; on y
trouve des mémoires et factums, des traités juridiques, des tables de jurisprudence
XVIIe-XVIIIe siècles, mais copies d'actes
remontant au XIIIe siècle.
SERIE V - Grande Chancellerie, prévôté et
requêtes de l'Hôtel, conseils.
V1: Lettres de provisions d'offices,
correspondance du chancelier, amnisties, affaires de librairie.
V2: Secrétaires du roi (titres généraux,
registres de délibérations et comptes de leur collège).
V3: Prévôté de l'Hôtel (jugements
concernant les officiers de la Maison du roi et certains privilégies).
V4: Requêtes de l'Hôtel (jugements de
personnes privilégiées, au civil et au criminel; sentences de condamnation ou de
réhabilitation, adjudications; dossiers d'affaires importantes).
V5: Grand Conseil: arrêts en matières de
bénéfices ecclésiastiques (minutes et registres).
V6: Conseil prive, Conseil d'Etat jugeant en
cassation (minutes).
V7: Commissions extraordinaires (affaires
particulières, dans l'ordre alphabétique des parties requérantes).
VX: Conseil souverain de Dombes, conseil
prive du prince, etc.
SERIE W - Tribunaux révolutionnaires.
Parquet (1793-95), Tribunal révolutionnaire
(1792-96) et tribunal de Brest ( 1793-94); commissions militaires et Haute Cour de
Vendôme (1795-96).
SERIE X - Parlement de Paris.
X1a: Parlement civil, registres (juges,
arrêts, conseil, plaidoiries, conseil secret, enregistrement des lettres patentes,
saisies, inventaires après décès des princes, Grands Jours de Troyes, Poitiers, Tours,
Bordeaux, Montferrand, Moulins, Angers, Riom, Chalons, Lyon, etc., réformation des
coutumes, correspondance, greffe, civil).
X1b: Parlement civil, minutes (même
subdivisions).
Xlc: Parlement civil. accords et transactions
homologues au Parlement.
X2a: Parlement criminel, registres (arrêts,
greffe criminel).
X2b: Parlement criminel, minutes (arrêts,
greffe criminel).
X3a: Requêtes du Palais, registres.
X3b: Requêtes du Palais, minutes.
X4a: Chancellerie du Palais, registres.
X4b: Chancellerie du Palais, minutes.
X5: Communauté des procureurs au Parlement.
SERIE Y - Châtelet de Paris et prévôté de
l'Ile-de-France.
Livres de couleur et Bannières (registres
des ordonnances et arrêt concernant la ville et la prévôté).
Insinuations (enregistrement des actes de
donation).
Parc civil, licitations, enchères et saisies
réelles.
Actes passés en l'hôtel du lieutenant civil
(tutelles, émancipations) ; registres d'audience de la prévôté.
Sentences rendues par défaut.
Epices et droits de réception des
magistrats.
Condamnations aux dépens.
Communauté des procureurs au Châtelet.
Sentences du Présidial et des différentes
chambres.
Commissaires au Châtelet (archives rangées
par étude).
Registres des jurandes et métiers soumis à
lautorité du procureur du roi.
Procès-Verbaux de la prévôté de
l'Ile-de-France (délits sur les grands chemins).
SERIE Z - Juridictions spéciales et
ordinaires.
Z1: Juridictions spéciales:
Z1a: Cour des aides (XIVe-XVIIIe siècles).
Z1b: Cour des monnaies (XIVe-XVIIIe).
Z1c: Connétablie et Maréchaussée de France
(XVIe-XVIIIe)
Z1d: Amirauté de France (XVIe-XVIIIe).
Z1e: Maîtrise des Eaux et Forêts
(XVIe-XVIII)
Z1f: Bureau des Finances et Chambre du
domaine (XVe-XVIIIe).
Z1g: Election de Paris (XVIe-XVIIIe).
Z1h: Bureau de la ville de Paris
(XIVe-XVIIIe).
Z1i: Chambre de liquidation de la dette de
l'Etat (1764-75).
Z1j: Chambre et greffiers des bâtiments
(XVIIe-XVIIIe).
Z1k: Grenier à sel de Paris (XVIIe-XVIIe).
Z1l: Chambre de la Marée (1783-84).
Z1m: Bailliage de l'Arsenal ( XVIIe-XVIIIe).
Z1n: Chambre des hôpitaux et maladreries
(XVIIe-XVIIIe).
Z1o: Officialité de Paris (XIVe-XVIIIe).
Z1p: Chambre ecclésiastique des décimes
(XVI-XVIIIe).
Z1q: Bailliage de la Varenne du Louvre
(XVIIe-XVIIIe).
Z1r: Cent-suisses de la Maison du roi
(XVIIe-XVIIIe).
Z2: Juridictions ordinaires, royales et
seigneuriales (ordre alphabétique de leur siège).
Z3: Tribunaux intermédiaires: tribunal des
Dix (1791) et tribunaux criminels provisoires (1791-92).
ZZ1: Notaires et tabellionages (minutes de
notaires et tabellions, du XIVe au XVIIIe siècle, classées par ordre alphabétique des
villes; voir surtout les minutiers déposés).
ZZ2: Bureau des saisies réelles
(XVIIe-XVIIIe siècles).
ZZ3: Bureau des consignations (XVIIe-XVIIIe
siècles; classement d'après la juridiction ayant rendu la sentence).
SERIE AA - Collection particulière
concernant notamment l'histoire de la Normandie et de la Bretagne, la ville de Vitre,
Saint-Domingue, la Chouannerie, etc. (fin XVIIIe-début XIXe siècle).
SERIE BB - Versements du ministère de la
Justice.
Personnel, affaires civiles et criminelles,
comptabilité, pensions et frais de justice.
SERIE AB - Organisation et services des
Archives.
Ce sont les archives propres de la direction
des Archives de France; la plus importante sous-série, AB XIX, contenait les pièces
entrées aux Archives nationales par voies extraordinaires (dons, achats, versements de
particuliers ou d'entreprises, dépôts divers); devant le développement pris par cette
sous-série dans les dernières années, elle a été supprimée pour sa plus grande
partie et remplacée par les séries AP, AQ et AS.
SERIE AC - Secrétariat et bibliothèque des
Archives.
SERIE AD - Bibliothèque administrative:
collection Rondonneau.
Documents imprimés concernant
l'administration de la France depuis la Monarchie.
SERIE AE - Armoire de fer et musée.
Pièces soustraites à leur série originelle
et ayant de ce fait une double cote. Elles ne sont pas toutes exposées dans l'actuel
Musée de l'Histoire de France.
SERIE AF - Secrétairerie d'Etat impériale.
Archives administratives postérieures à
1789, placées au Louvre sur ordre de Napoléon 1er pour l'utilité de son gouvernement.
Ce fonds, extrêmement riche (plus de 5000 cartons et registres) contient les minutes de
toutes les décisions prises par les organismes gouvernementaux, la correspondance et les
dossiers afférents au travail de ceux-ci, classés par départements ministériels ou par
affaires.
AF1: Monarchie constitutionnelle (conseils et
comites, Commission des Douze).
AFII: Convention (Conseil exécutif et
Convention, Comité de Salut Public).
AFIII: Directoire (Directoire exécutif).
AFIV: Consulat et Empire (Secrétairerie
d'Etat).
AFV: Première Restauration (Secrétairerie
d'Etat).
SERIE AP - Archives privées.
Papiers de familles ou de personnalités;
citons parmi les plus importants les fonds de la Tremoille, Bertier de Sauvigny, Ney.
SERIE AQ - Archives économiques.
Sans cette série dont l'importance
saccroît sans cesse, notons les fonds des Chemins de Fer de l'Est (13 AQ, 2651
articles) et du Nord (48 AQ, 2719 articles) ainsi que le fonds Oberkampf (41 AQ, 128
articles); on y trouve nombre de fonds d'entreprises industrielles et commerciales, voire
de banques.
SERIE AS - Archives d'associations.
Série encore peu développée.
SERIE Mi - Microfilm de complément.
Parmi les fonds ou pseudo fonds
dimportance variable que comprend cette série, nous signalerons les archives du
Tribunal militaire international de Nuremberg (24 Mi, 130 rouleaux), les documents du
Public Record Office concernant la France (20 Mi, 6 rouleaux), le chartrier de
Saint-Fargeau avec les pièces concernant les biens de Jacques Cur (4 Mi, 11
rouleaux), etc.
MINUTIER CENTRAL
Archives des notaires de la Seine ayant plus
de 125 ans de date, classées selon les études actuelles; les fonds des études anciennes
peuvent y être retrouvés facilement grâce à des tables.
La cotation des archives départementales
Le classement est beaucoup plus simple en ce
qui concerne les fonds départementaux que pour les archives Nationales.
Le chercheur trouvera dans les archives
ecclésiastiques tous les renseignements qu'il peut souhaiter concernant les biens des
congrégations couvents etc... Pour ce qui est de recherches daffaires trésorières
liées à la vie de particuliers, ce sont les archives des communes qui lui apporteront le
plus d'enseignements.
Citons un dossier d'archives très visité:
celui qui, numéroté " O " Rennes-le-Château, dort dans les
rayonnages des archives départementales de l'Aude. Nous avons pu, vers les années 1970,
encore le compulser. Il comportait en particulier les plaintes adressées par les
habitants de Rennes à Monseigneur l'Évêque, plaintes concernant les travaux nocturnes
effectués par Béranger Saunière dans le cimetière du village... Des centaines de
chercheurs ont déclassé, les uns à la suite des autres, ce précieux dossier, de ce
fait il n'est plus maintenant, sauf cas particulier, communicable. Les archives
départementales sont triées comme suit:
Archives dAncien Régime.
SERIE A - Actes du pouvoir souverain: édits,
ordonnances, lettres patentes.
Domaine public: domaine royal, apanage des
princes; quelques trésors des chartes de grands feudataires: Artois (Pas-de-Calais),
Orléans (Loiret).
SERIE B - Cours et juridictions (sauf dans la
Seine).
Parlements: fonds considérables auxquels
sont souvent jointes les archives des cours souveraines antérieures à l'établissement
du Parlement.
Bailliages et sénéchaussées.
Chambre des comptes: enregistrements,
hommages, comptes, pièces justificatives. Ces fonds ont parfois recueilli les trésors
des chartes seigneuriaux: Flandre (Nord), Bourgogne (Cote dOr), Franche-Comté
(Doubs), Provence (Bouches-du-Rhône).
Cours des aides.
Cours des monnaies.
Juridictions inférieures, parfois
particulières à la région.
SERIE C - Administrations provinciales.
Intendances, subdélégations, élections,
bureaux de finances.
Etats provinciaux.
SERIE D - Instruction publique.
Universités et collèges (registres
d'inscriptions, comptabilité).
Académies et sociétés savantes.
SERIE E - Féodalité: titres de familles et
de communautés; quelques beaux chartiers (Maine-et-Loire notamment).
Notariat: minutiers remontant parfois au XIVe
siècle (au XIIIe dans les Bouches-du-Rhône) versés à la suite de disparition des
études et tabellionats, ou par un récent propriétaire de l'étude. Les recherches
peuvent être rendues moins difficiles par le recours aux registres de formalités et
d'enregistrement des bureaux du Contrôle (série C).
Corporations, confréries, sociétés
laïques: ces fonds sont fort utiles pour l'histoire de la bourgeoisie.
Etat civil: registres paroissiaux versés par
les communes et doubles des registres d'état civil, l'original étant conservé dans les
archives communales. Ces registres sont classés par commune et par ordre chronologique;
il y a des tables décennales depuis l793. Ces fonds remontent parfois au XVle ou au XVIIe
siècle; les registres postérieurs à la Révolution sont placés à la suite des
précédents, sans distinction.
SERIE F - Pièces diverses: manuscrits,
fragments, fonds de familles (Loir-et-Cher notamment).
Archives ecclésiastiques.
SERIE G - Clergé séculier. Au contraire des
fonds ecclésiastiques du diocèse de Paris, démembrés entre diverses séries composites
des Archives nationales (F19, H5, K, L, M, N. S), les fonds des autres diocèses ont
généralement gardé leur unité. Il y a lieu de les compléter par l'examen des archives
que les églises, les chapitres et les paroisses ont pu garder et qui sont parfois
conservées dans des bibliothèques.
Archevêchés et évêchés
(cartulaires, terriers, comptes).
Chapitres, officialités, chancelleries
épiscopales (registres de délibérations et d'enregistrement).
Séminaires (domaines, administration).
Collégiales (registres de délibérations
capitulaires).
Paroisses, fabriques, chapelles, aumôneries,
etc. (biens, bâtiments).
SERIE H - Clergé régulier.
Abbayes et prieurés (cartulaires, titres,
statuts, actes de juridiction, mense, temporel, fiefs, etc.).
Ordres militaires: prieurés et commanderies
de Malte, notamment le fonds très riche du Grand Prieuré de Saint-Gilles
(Bouches-du-Rhône) : quelques épaves des archives des commanderies du Temple et de
Saint Antoine-de-Viennois.
Hospices et maladreries
Archives modernes.
SERIE K - Lois, ordonnances et arrêteé:
collection des publications officielles, registres des décisions du préfet et du Conseil
de préfecture.
SERIE L - Administration et juridictions de
lépoque révolutionnaire.
Lois et décrets (publies ou copies).
Délibérations des conseils ou directoires
de département ou de district.
Délibérations des municipalités
cantonales.
Registres de correspondance.
Sociétés populaires.
Comités de surveillance.
SERIE M - Personnel et administration
générale.
SERIE N - Administration et comptabilité
départementales.
SERIE O - Administration et comptabilité
communales.
SERIE P - Finances, cadastre, postes, eaux et
forets.
SERIE Q - Domaine: vente de biens nationaux,
séquestre d'établissements religieux et de biens d'émigrés ou d'étrangers à
l'époque révolutionnaire.
SERIE R - Guerres et affaires militaires.
SERIE S - Travaux publics.
SERIE T - Instruction publique, sciences et
arts.
SERIE U - Justice.
SERIE V - Cultes.
SERIE X - Etablissements de bienfaisance.
SERIE Y - Prisons et mendicité.
SERIE Z - Affaires diverses.
Une mine de renseignements
Les deux listes qui précèdent vous auront
sans doute parues abruptes, sèches. Connaître le sens des cotations, est cependant
capital pour un chercheur, nous allons le voir en détail. Ce sont bien des trésors que
contiennent ces archives, pour qui sait les lire; ils ne sont pas des moindres. Outre nos
archives nationales et départementales, existent quelques petits fonds épars. Dans les
communes, ils contiennent ce que les maires n'ont pas remis aux archives départementales;
le plus souvent ce sont des pièces dont cependant copie a été délivrée au chef-lieu
mais qui, pour des raisons évidentes restent dans les communes qui sont toujours fières
de les conserver, ce peut être, par exemple, des recensements très anciens, véritables
pièces de musée, où l'on dénombre les feux que comptaient autrefois une ville, un
village. Certains remontent au XIIIeme siècle.
Les archives militaires sont conservées dans
les corps d'armée ou les régions militaires; les pièces concernant les individus se
trouvent aux archives militaires de Vincennes, ou aux Invalides. Notons que les cartons
concernant l'arme du génie sont particulièrement intéressants à consulter, on y trouve
le plan de très nombreux ouvrages de défense établis par ce corps d'armée. Pour ce qui
est des archives ecclésiastiques, il y a et il y aura toujours méfiance entre les
prêtres séculiers et l'état Républicain.
Les archives ecclésiastiques modernes
restent dans les évêchés, les abbayes, selon qu'il s'agisse d'archives séculières ou
régulières. Elles ne sont pas communicables. Le dossier "Béranger Saunière"
aux archives ecclésiastiques de Carcassonne, en l'évêché, ne devait pas,
théoriquement, être communiqué avant 1993... Ces documents individuels doivent rester
secrets pendant cent années.
Il est certaines abbayes qui considèrent
leurs archives comme un véritable trésor qu'elles ne céderaient pour rien au monde;
ainsi, l'abbaye de Solesmes conserve-t-elle jalousement tous les documents ayant trait à
son histoire. Pour consulter de tels documents, il vaut mieux montrer patte blanche; de
toutes façons, même si l'on y parvient, ce ne pourra être qu'au prix de longues
transactions...
Nous avons livré in-extenso le système de
classement des archives nationales et départementales.
Penchons-nous maintenant sur certaines
séries propres à retenir notre attention de chercheurs de trésors.
Les trésors des Archives nationales
Les séries de l'ancien régime tout
dabord vont nous livrer parfois des documents intéressant le chercheur.
C'est ainsi que la série G1, concernant la
gestion de la Ferme sous l'ancien régime peut nous délivrer des renseignements
concernant des trésors déjà découverts, la richesse de certaines familles.
La série L, des monuments ecclésiastiques ,
elle aussi à compulser avec ferveur. On y trouve l'inventaire des biens du Clergé de
France.
N'oublions pas que celui-ci avait été
réalisé en plusieurs années sous la direction de Talleyrand, futur défroqué
dAutun, à la veille même de la Révolution. On y trouve bien la liste de tous les
biens des églises de France avant la grande tourmente.
Combien de ces précieux objets dont on nous
donne la description sont-ils encore cachés sous quelque pierre tombale, sous quelque
pavage d'église ? La série LL nous délivre la nomenclature, dans le même esprit, de
tous les séquestres révolutionnaires effectués sur des biens d'église...
Ces cartons sont absolument remplis
d'affaires de cloches disparues, de calices enfouis ou protégés par la population d'un
village, d'une ville, afin de leur éviter la fonte...
La série S est tout aussi riche; elle
concerne les biens des établissements religieux supprimés. Là encore, on en apprend de
belles !
II est rare que des congrégations acceptent
leur dissolution sans maudire leur bourreau, et livrent docilement les trésors accumulés
par des siècles de contemplation.
Hautement intéressante, la série TT. Elle
concerne les biens des familles protestantes chassées par la révocation de l'Edit de
Nantes en 1685... Des centaines de familles ont du alors quitter la France après avoir
dissimulé leurs biens jamais retrouvés depuis. Ces cartons nous délivrent des affaires
étonnantes car, derrière le départ des protestants, toute une bande de vautours
catholiques attendaient de pouvoir se remplir les poches sur les dépouilles des
dépossédés... Or, les protestants formaient une véritable élite culturelle et
économique dont notre pays a eu le tort de vouloir volontairement se séparer.
La série T. des papiers privés tombés dans
le domaine public contient tous les papiers saisis sur des émigrés ou des condamnés
pendant la Révolution. Très valable ! Les émigrés pris en France étaient
automatiquement condamnés à mort. De tous les possesseurs des papiers que contient ce
carton, il n'en est pas un qui échappa à ce sort terrible.
Le plus souvent, ces documents rédigés
réellement sous forme de testaments contiennent les derniers secrets, les dernières
volontés du prisonnier, et, pour les émigrés, bien des plans difficile à lire.......
Le fonds moderne (1789-1940) nous offre aussi
des surprises intéressantes. On y trouve en particulier toutes les archives de la
Révolution française. Les papiers du comité des finances, ceux du comité des assignats
et des monnaies se trouvent dans la série D ainsi que tous les rapports des
représentants en mission envoyés dans les provinces par la Révolution... devant ces
hommes qui décentralisent la terreur, des centaines de trésors de particuliers,
d'églises et de congrégations religieuses s'enfouissaient sous terre. Leurs rapports en
font état, nous révélant des affaires trésoraires inédites. Le comité des droits
féodaux toujours dans la même série, etait chargé d'analyser des affaires locales
souvent épineuses.
Même chose pour le comité ecclésiastique.
La série W est très émouvante. Elle
comprend tous les documents établis par le tribunal révolutionnaire de Paris.
Que de trésors dorment dans cette série ?
Tel émigré pris les armes à la main, tel
survivant de la déroute vendéenne, interrogé, va livrer des renseignements concernant
des trésors de guerre, des caches d'arme... renseignements alors inutilisables ! Nous
possédons nous-mêmes copie de certains de ces interrogatoires qui nous dévoilent
l'existence, aux alentours du Mans, de véritables trésors enfouis par les vendéens
pourchassés après le passage de la Loire.
La série AJ4 est intéressante; elle fut au
lendemain de la guerre de 1914 chargée de répertorier tous les crimes commis par les
Allemands dans les pays occupés (la France donc) en violation "du droit des
gens". La série BB, consacrée aux papiers du ministère de la justice contient une
sous catégorie BB13 qui porte sur "les absents civils ou les successions tombées en
déshérence". Là encore, il y a derrière une telle appellation de très belles
affaires de trésors familiaux.
Les "fonds divers" sont constitués
par des séries de documents émanant d'individus privés, et depuis tombés dans le
domaine public.
Certains cartons concernent la narration
d'affaires trésoraires connues.
Relevons parmi eux les papiers "clément
de Ris" (58AP), ce sénateur qui inspira Balzac (une ténébreuse affaire). Enlevé
soit disant par des chouans et délesté de son argenterie, il fut caché longtemps dans
une caverne souterraine située en foret, et dont il donne une très bonne description.
Les papiers "Javon" (60AP)
devraient nous permettre de retrouver quelques renseignements concernant la mystérieuse
cassette de louis et de documents que le tribun fit enfouir en forêt de Fontainebleau par
son valet quelque temps avant de mourir.
Les papiers "Fouché", dont nous
avons parle plus haut, se trouvent sous la cotation 187AP.
Enfin, citons le dossier AB XIX 3367, qui
concerne plus particulièrement "l'affaire" d'Oradour.
Bien entendu, nous ne pouvions vous donner,
dans notre liste des fonds, la nomenclature précise de toutes les sous-catégories; il
aurait fallu pour cela plusieurs ouvrages.
Signalons que les Archives nationales
diffusent, pour un prix modique, une série de volumes reliés en maroquin vert et
contenant le répertoire intégral des catégories et sous-catégories archivées. Ce
guide vous sera lors de recherches d'un très précieux secours tant il est précis.
On ne peut se le fournir que sur place.
Chaque série est donc ainsi partagée en
sous-séries, qui elles comprennent des sous-cotations relatives aux pièces elles-mêmes.
C'est ainsi que, dans la série T. les papiers saisis sur des émigrés regroupent les
documents ou liasses T 1 à 982, les papiers trouvés dans les voitures publiques, T 983
à 1041.
Les trésors des archives départementales
Certaines séries des archives
départementales seront d'un grand intérêt pour le chercheur de trésors. Il en va ainsi
des archives séries et sous-séries de la cotation G, documents concernant les comptes de
congrégations religieuses. La série H porte elle sur le clergé régulier, abbayes et
monastères. Dans la série G qui concerne le clergé séculier, une sous-série est plus
particulièrement consacrée aux affaires en rapport avec la vie des paroisses.
Mais, la plus passionnante de toutes les
séries contenues dans les archives départementales , celle dans laquelle vous pourrez
passer des jours entiers à réaliser des découvertes inédites et incroyables, reste
sans aucun doute la série Q, plus ou moins épaisse selon les départements. Elle
concerne les séquestres d'établissements religieux effectués sous la Révolution, la
saisie des biens d'émigrés, le tout avec un luxe de détail inouï. Un classement par
individu, famille ou congrégation, et bien souvent l'original de tous les rapports
extrêmement précis dressés dans le feu de l'action nous permettront de travailler.
Un véritable musée
Outre le musée que nous offre les Archives
nationales, le "Musée de l'Histoire de France", il en est un autre bien plus
émouvant encore mais que ne connaissent que quelques privilégiés... Il est contenu dans
les cartons relatifs aux affaires criminelles.
Là, avec les dépositions originales des
protagonistes de sombres affaires, on découvre toutes les pièces à conviction des plus
grands procès de notre histoire. Les pièces à conviction sont parfois émouvantes: une
paire de bretelles, de chaussons de femme tachés de sang, des armes parmi les plus
insolites. Elles sont parfois aussi très encombrantes ! Les archives possèdent ainsi la
fameuse machine infernale de Fieschi; elle pèse plusieurs dizaines de kilos... On trouve
aussi parmi ces étranges pièces la veste que portait Damiens lorsqu'il frappa Louis XV
d'un coup de canif, le couteau qui armait la main de Louvel lorsqu'il tua le Duc de Berry,
les poignards de nécessité avec lesquels les derniers jacobins se donnèrent la mort
mutuellement à l'issue de leur procès.
En travaillant les archives, vous
découvrirez que dort dans les cartons tout un monde ou le réel dépasse parfois
l'imaginaire.
Signalons pour terminer que les Archives de
France possèdent leur propre maison d'édition, maison diffusée par "La
Documentation française" - 29-31 quai de Voltaire - 75340 Paris cedex 07.
On trouve, au sein du catalogue général, de
nombreux ouvrages portant tant sur les archives elles-mêmes et leur contenu que sur les
méthodes du métier d'archiviste. Parmi les livres édités, quelques uns méritent de
retenir l'attention du chercheur, il s'agit de:
"Guide des papiers privés d'époque
révolutionnaire" par F.Hildesheimer, ou encore l'ouvrage " Les Familles
Protestantes en France du XVIeme siècle à 1792" par G. Bernard. Dans les deux cas,
nous voyons un thème précis traité au plus profond, précisément à partir des
documents d'archives disponibles aux Archives nationales.
Rappelons lexistence de
"L'Inventaire Général des Fonds" et de "L'Etat des Inventaires", une
série de livres publiés par les Archives de France, et délivrant au chercheur une
véritable reconstitution des documents disponibles rue des Francs-Bourgeois.
Par le groupe de recherche HERMES et Didier
Audinot. Extrait du livre " Chasse aux Trésors - Méthodes et
Techniques ".
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